Calepin de pierre

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Eglise catholique belge et prêtres pédophiles : l'instruction

La chambre des mises en accusation de Bruxelles avait, très complaisamment, estimé que les perquisitions de l'Opération Calice du juge d'instruction, Wim de Troy, étaient très exagérées. Voir billet précédent ICI

La Cour de cassation a, le 11 octobre, cassé les arrêts de la chambre des mises en accusation.

Le cardinal Danneels et l’archevêché de Malines-Bruxelles, c'est à dire, André-Joseph Léonard, avaient également introduit une demande de récusation du juge d'instruction, le jugeant partial.

Laquelle demande de récusation du juge De Troy a été jugée non-fondée et irrecevable par la cour d’appel de Bruxelles.

La même cour d'appel a jugé non-fondée la demande du cardinal Danneels et de l’archevêché de refuser que le juge d'instruction permette à certaines victimes de consulter des documents saisis.

L'église catholique belge veut la transparence mais pas trop quand même.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles (composition différente) a rendu un arrêt attendu ce mercredi 22 décembre. La chambre considère que les perquisitions menées par le juge d'instruction étaient valables, excepté pour les documents saisis à la commission Adriaenssens, à Louvain, soit 475 dossiers personnels de victimes.

Le juge doit donc les restituer à la Commission... qui n'existe plus. Et donc l'archevêque Léonard estime que ces dossiers devraient être conservés dans un endroit neutre. Ce que conteste un magistrat, estimant que chaque victime doit recevoir son dossier et ensuite pouvoir le confier ou non au juge d'instruction en toute légalité.

C'est le prochain round dans lequel on verra vraisemblablement l'église belge tout faire pour éviter ce cas de figure.

Apostat

Une bonne chose de faite, me voilà apostat. J'ai donc, comme repris sur l'extrait de baptême, "fait défection de l'église et de la foi catholique".

Vous noterez le mot catholique dans la mention.

Il y a très longtemps que je m'étais détourné de la foi catholique. Très exactement après être passé sur les genoux de l'abbé D. , comme les autres enfants de choeur de ma paroisse d'ailleurs. L'abbé avait en effet la fâcheuse tendance à confondre "faire porter un cierge par les acolytes" et "se faire frotter le sien par le derrière de ceux-ci". Je n'ai pas su s'il allait plus loin avec mes copains, une descente particulièrement musclée de ma mère chez le doyen, quand je lui ai annoncé que je n'aimais pas ce passage obligé par les ecclésiastiques genoux, a mis fin à ma carrière religieuse mais pas à celle du vicaire qui fut simplement déplacé et protégé par un bienveillante protection hiérarchique.

J'ai, à cette occasion, reçu une illumination (si, si). Ma crédulité obtenue à grands renforts de bourrage de crâne d'enseignement religieux fit place à un esprit critique dont je me félicite, depuis lors, de la constance et de la radicalité.

Si les oints téléphonistes patentés se comportaient comme des malfrats en contradiction avec la très haute prétendue tenue morale d'essence divine qui était, disaient-ils, la leur, alors c'est qu'il y avait un bouchon dans les tuyaux voire pas de tuyaux, et donc pas d'essence divine.

Telle fut, résumée brièvement, ma conviction de l'époque, renforcée depuis d'année en année. Je fis mienne cette devise, en contradiction totale avec le dogme : Ce n'est pas le titre ou la fonction qui honore l'Homme, mais la façon dont il la remplit. Exit les titres religieux synonymes d'obéissance aveugle.

Le scandale actuel de l'église catholique belge qui fait apparaitre +/- 600 plaintes pour crimes sexuels de la part de prêtres (plaintes en progression) et qui montre que l'église catholique se considère encore au-dessus des lois belges (voir billets précédents), m'a amené à faire une croix sur un embrigadement souhaité par mes parents.

De plus amples informations ICI

Car, au vu de la multiplication des scandales pour pédophilie urbi et orbi, c'est bien d'un problème structurel propre à l'église catholique romaine dont il faut parler. Son approche dogmatique de la sexualité est en rupture totale, non seulement avec une démarche existentielle plutôt hédoniste (et il n'y a pas d'hédonisme sans connaissance de soi et des autres), mais également avec l'approche neurologique et hormonale du corps humain.

Ce qui me choque, c'est l'abime qui existe entre la prétention vaticane d'être au-dessus des lois communes, de morigéner l'humanité entière avec des leçons de morale et de morale sexuelle mortifère, et la réalité qui reflète la dérive de nombreux prêtres ainsi que la volonté de l'institution de se protéger pour ne pas ternir son image, au mépris des victimes.

La foi est affaire de conviction intime. Nul besoin d'une structure hiérarchisée pour travailler les valeurs qui nous meuvent.

Benoit XVI : anti-humaniste de combat

Benoit XVI est en voyage officiel en Angleterre, coiffé de ses deux casquettes de chef d'Etat et de chef de l'église catholique romaine.

On notera avec plaisir que celui qui a qualifié l'ordination des femmes de «crime contre la foi» a été accueilli dans l'abbaye de Westminster par Jane Hedges, femme prêtre et chanoine anglicane. Protocole oblige.

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La forme du trône ne vous rappelle rien ?  Mais si, un effort !    Le Soir du 18/09/2010, facétieux, évoque une capote... anglaise, of course !

Il y va donc de ses discours favoris. Non pas ceux qui marqueraient sa honte du comportement des autorités religieuses qui couvrent depuis des décennies les comportements criminels d'ecclésiastiques pervers mais ceux qui s'en prennent à la laïcité, à l'athéisme.

''« De notre vivant, nous pouvons nous souvenir de la manière dont la Grande-Bretagne et ses dirigeants se sont dressés contre la tyrannie nazie qui voulait éradiquer Dieu de la société et nier toute humanité à certains, en particulier les juifs, qui étaient jugés indignes de vivre.

Tandis que nous méditons sur les leçons de l'athéisme extrême du XXe siècle, n'oublions jamais comment l'exclusion de Dieu, de la religion, et de la vertu de la vie publique conduit finalement à une vision déformée de l'homme et de la société, et donc à une vision réductrice de l'individu et de son destin »''

Comme ce discours provient d'un homme qui a, semble-t-il, écrit dans une revue fasciste, cela mérite réflexion. Source

Déjà en septembre 2009 lors d'un voyage en République tchèque, il déclarait : "L'expérience de l'Histoire montre à quelles absurdités parvient l'homme quand il exclut Dieu de l'horizon de ses choix et de ses actions".

Mais aussi en 2007, dans Spe salvi, s'en prenant à l'athéisme et au matérialisme qui auraient faussement fait croire que l'homme pouvait seul établir la justice dans ce monde : "Ce n'est pas un hasard que «d'une telle prétention s'ensuivent les plus grandes cruautés et les plus grandes violations de la justice» (...) «Un monde qui doit se créer de lui-même sa justice est un monde sans espérance»,

Un chef d'Etat qui fait de l'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre Etat.

L'Association humaniste britannique a aussitôt réagi :

« L'idée que ce sont les personnes non-religieuses qui, dans la Grande-Bretagne d'aujourd'hui, veulent imposer leur vision aux autres est surréaliste, venant d'un homme dont l'organisation agit internationalement pour imposer sa norme morale étriquée et excluante et saper les droits des femmes, des enfants, des homosexuels et de beaucoup d'autres. »

Source

Parce que, l'humanisme tel que décrit par Protagoras, c'est que "l"homme est la mesure de toute chose" en opposition à "Dieu est la mesure de toute chose".

Dans l'humanisme, l'Homme prime sur les dogmes. On en est loin dans la religion catholique romaine manifestement.

Benoît n'a manifestement pas encore compris que les plus grands ennemis de l'église catholique romaine sont intérieurs, à commencer par son manque de respect de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, traduction dans les textes de valeurs humanistes communes à plusieurs religions.

Il n'y a pas de vérité qui vaille qu'on lui sacrifie un seul homme, parce que la vérité en ce monde, c'est l'homme lui même, sa liberté, sa dignité et surtout sa vie".

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