Tout le monde doit, au vu de la très importante couverture médiatique, connaitre les problèmes judiciaires de Dominique Strauss-Kahn.
Devant répondre de 7 chefs d'accusation, notamment de viol, il a choisi de plaider non-coupable.
Il a de nombreux amis qui communiquent beaucoup, au point d'introduire des subtilités sémantiques intéressantes par ce qu'elles révèlent.
Dans n'importe quelle autre affaire de viol, on aurait pu lire des articles du genre : "la victime est une femme de chambre et un suspect a été interpellé par la police. Le violeur présumé a été traduit devant un juge".
Depuis quelques temps, fait nouveau, on lit plutôt des articles rédigés comme suit : la présumée victime est une femme de chambre et le présumé innocent .....
"La présumée victime", cela induit une impression de doute important sur les faits qui ont pourtant été confirmés, notamment, par des analyses ADN (du sperme sur le col de la robe de la victime semble-t-il) et un juge a quand même trouvé 7 chefs d'accusation pour justifier l'arrestation du violeur présumé.
Certes la parole d'une victime doit être vérifiée, mais quand des indices matériels corroborent sa parole, pourquoi encore parler de victime présumée ?
Si un prévenu est présumé innocent, à juste titre, ne doit-on pas également accorder à la victime d'être elle-aussi "présumée innocente" de mensonge, de machination, etc ?
D'autant que le témoignage de cette victime a été recueilli et vérifié par une équipe d'enquêteurs ultra-spécialisée dans le domaine des abus sexuels et qu'un procureur a également entendu la victime avant de prendre une décision.
La notion de "victime présumée", stratégie de défense, induit dès lors qu'il pourrait y avoir eu un certain consentement, ce qui éliminerait la notion de victime et donc de culpabilité.
Un ami de DSK, Elie Barnavi, y va dans l'hebdomadaire Marianne du 4 juin 2011 de réflexions dont une qui m'interpelle plus que les autres.
Dans les sociétés à substrat protestant, écrit-il, l'individu serait un être total et cohérent en toutes les parties qui le constituent (...) et donc en vertu de ce principe, un homme politique qui trompe sa femme trompera sans coup férir son pays.
Je ne sais pas si M. Barnavi joue sur les mots, mais ce n'est évidemment pas son pays que l'homme politique infidèle trompe, mais les électeurs et électrices qui l'ont élu sur ses valeurs, son programme.
Ce n'est pas tout à fait la même chose.
A partir du moment où un homme politique n'est pas capable de maitriser ses pulsions sexuelles, trahit la parole donnée lors de son mariage avec sa femme - qu'il "aime pourtant plus que tout" (dixit lors arrestation) - ne respecte pas les femmes qui lui disent non, comment ne pas penser qu'il puisse ne pas respecter la parole donnée dans d'autres circonstances et penser qu'il n'appliquerait pas dans sa politique le respect de l'égalité homme - femme ?
La stratégie de défense se dessine de plus en plus.
D'abord déconsidérer la victime, devenue "présumée victime", en enquêtant sur sa vie, son passé pour trouver tout élément susceptible de créer un doute chez les jurés,
Ensuite déconsidérer la notion de culpabilité en montrant que certes les preuves existent mais qu'il y avait consentement et pourquoi pas tentative de chantage,
Enfin, si plaider coupable devient inéluctable, protéger la fortune de Mme Sinclair.
Des rumeurs de divorce se répandent actuellement. Plus de fortune, plus d'indemnités très importantes pour la victime. Et on a vu des divorcés se remarier, non ?
