Calepin de pierre

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Etouffez la différence, engagez des Sarko compatibles.

Que retiendra l'Histoire de la présidence de N. Sarkozy ?

Sans doute sur un plan économique, la mise en coupe réglée des services publics, la protection acharnée et l'augmentation de la prospérité des plus riches, et la paupérisation calamiteuse des autres.

Sur un plan "philosophique", l'instigation de la déliquescence des valeurs fondatrices de la République française, l'utilisation à des fins personnelles du discours de l'extrême droite, la stigmatisation de communautés ciblées, une dérive assumée vers le communautarisme pour mettre à mal la laïcité, la volonté permanente de réduire la critique et dans la foulée de réduire l'intelligence des citoyens à des idées reçues, des clichés.

Dans cette dernière optique, on retiendra la volonté d'une main-mise totale sur les medias, soit par l'accointance avec des propriétaires de presse écrite ou audiovisuelle amis, soit par la nomination de patrons de l'audiovisuel public chargés de satisfaire ses exigences et le placement de ses copains ; tout en ayant choisi d'étrangler financièrement la télévision publique en décidant de supprimer la publicité en partie tout en voulant la cession de la régie de France Télévisions à Lov, la société détenue par Stéphane Courbit et Alain Minc dans l'actionnariat. Entreprises contrecarrées par De Carolis (avec l'aval de la majorité du C.A. pour la cession) qui pousse même l'audace jusqu'à déclarer une amélioration des recettes nettes à hauteur de 97,1 millions d’euros, une bonne maîtrise de l’ensemble des dépenses et les performances des filiales commerciales (+30,7 millions d’euros). Source

On avait donc déjà assisté à la karchérisation de deux humoristes de France Inter (Porte et Guillon), au remplacement de Patrick de Carolis (malgré ses beaux résultats de gestion mais trop indépendant aux yeux du monarque absolu) par Rémy Pflimlin qui a déjà commencé à karchériser Arlette Chabot (qui a eu le malheur de faire un commentaire sur l'interview de Sarkozy à New-York provoquant l'ire du président et une grosse admonestation de celle-ci) de son poste de directrice de l'information et qui a sans doute reçu avant sa prise de fonction la liste des blacklistés et des "à promouvoir" dont De Carolis avait refusé de tenir compte selon le journaliste du Point Emmanuel Berretta

Sont nominés pour représenter la vision présidentielle de la culture sur la télévision publique

  • - Daniela Lumbroso, amie de Sarkozy, productrice (Degel Prod), de retour à l'antenne qui lui manquait tellement en 2009 comme présentatrice sur France 3 de Chabada, nommée chevalier de la Légion d'Honneur en 2009 pour "action remarquable au service du pays"
  • - Patrick Sabatier, ami de Sarkozy, sorti du placard dans lequel il se trouvait depuis 15 ans
  • - Les frères Bogdanov, amis de Pierre Sarkozy (fils de), et défenseurs de l'Intelligent design) et de retour sur France 2 pour plusieurs documentaires,
  • - Didier Barbelivien, grand défenseur de Sarkozy , pas encore d'émission mais cela devrait venir

Sont nominés pour la karchérisation :

  • - Patrick Sebastien
  • - Laurent Ruquier
  • - Eric Zemmour
  • - Franz-Olivier Giesbert
  • - Guillaume Durand

Et pour remplacer Porte et Guillon, le duo gagnant est Raphaël Mezrahi et Gérald Dahan, avant Bigard et Clavier ? J'ai pas franchement été impressionné par le passage de Mezrahi chez Ruquier. Là c'est certain, du caustique on passe à l'encaustique.

Un P.A.F. berlusconien ou sarkozien ?

C'est la même chose comme en témoigne une déclaration de Alessandra Mancuso, journaliste à RAI Uno, au journal Le Monde du 21 octobre 2009 : " Depuis le retour de Berlusconi, nous avons de moins en moins d’autonomie et d’indépendance. (...) Les médias, et particulièrement la télévision, sont son obsession. Le problème est qu’il contrôle directement la Rai, où il a placé à sa tête des hommes de confiance".

La liberté d'expression, oui ! Mais pas trop quand même ! (évangile selon N.Sarkozy)

Je feuilletonne

C'est le moment de feuilletonner. Mais du feuilleton détente, histoire de ne pas se prendre la tête. Et de préférence avec l'une ou l'autre actrice pas dégueulasse à regarder.

Et là, difficile de choisir entre deux rôles titres, qui de Teresa ou de Kate va l'emporter à mes yeux ? Cela va se jouer aux taches de rousseur, et là, Teresa est bien partie.

Deux feuilletons détente donc The Mentalist et Castle. Curieusement le fil conducteur est le même. Une femme-flic responsable d'une unité, Teresa Lisbon (Robin Tunney) et Kate Becket (Stana Katic) doit travailler avec un homme qui n'est pas flic mais doué de facultés déductives intéressantes autant que de charisme. Les deux femmes-flics ont eu des problèmes importants dans leur vie affective. Faut-il préciser que le duo est très performant. Les deux sont évidemment attirés l'un par l'autre, mais....

Les scénaristes soignent les intrigues, et dans la plus pure tradition vous balancent un paquet de coupables potentiels, avant de nous livrer le plus improbable. La particularité de Patrick Jane est d'avoir une mémoire eidétique, et un sens de la provocation très élaboré (façon Dr House). Les extérieurs sont mieux traités dans The Mentalist.

Teresa Lisbon semble plus crédible en flic avec ses tenues vestimentaires classiques et une démarche en canard que Kate Beckett qui marche comme sur un podium, qui multiplie les tenues et les vestes en cuir cintrées au point de ne laisser aucune place à son arme de service, ses menottes et sa lampe torche et qui va en intervention sur des talons aiguilles de 15 cm.

Mais tout l'intérêt de la série est moins de suivre le fil de l'intrigue ou la crédibilité des personnages et des situations que de suivre les vannes que se lancent les protagonistes et l'évolution des sentiments de ces deux couples là. Les personnages secondaires jouent également dans le même registre, des collègues ultra compétents qui vous trouvent des infos comme ils respirent, là où un policier lambda mettrait des heures ou des jours, et qui eux ne sont évidemment pas dupes de l'attirance de la patronne pour le civil.

A ce jeu, les rôles secondaires de The Mentalist sont plus élaborés. A remarquer Grace Van Pelt (Amanda Righetti) dont la voix française rend bien la psychologie du personnage et la très délicieuse medium Kristina Frye (Leslie Hope) qui refait un tour dans la saison 2. Vu la fin de ladite saison sur BeTV, on la reverra donc dans la saison 3.

Ca ne mange pas de pain, c'est agréable à regarder. Un bon moment détente quoi.

Pour du plus lourd, voir la série Engrenages saison 3 qui passe actuellement le lundi sur BeTv et qui est sans doute une des meilleures série française policière à ce jour. Personnages plus tourmentés, scènes très crues scénarisées au départ d'histoires vraies, regard critique sur l'individu, la société, le pouvoir judiciaire, le tout baigné dans une lumière photo froide servant la noirceur du propos. Le fond est le même, des bons qui pédalent et/ou affrontent les méchants de mèche pour certains avec une magistrature protectionniste d'intérêts privés.

La femme-flic me parait peu crédible, pas un seul épisode à ce jour dans lequel elle ne pète un cable, mais un gros du genre à se retrouver à la masse. Au premier coup d'oeil on voit qu'elle devrait au mieux être écartée du service pour raisons médicales, au pire faire un passage dans une institution spécialisée.

C'est une constante dans les séries françaises policières récentes, la femme-flic a généralement de très gros problèmes psychologiques, elle est entourées de collègues à problèmes (médicaux, financiers, familiaux, conjugaux, ...) qui évidemment mettent des bâtons dans les roues déjà voilées de leur cheffe ou la placent dans des difficultés rédhibitoires pour la bonne marche de son enquête.

Vais-je revisionner The Mentalist sur la RTBF ? Aaah Teresa !

Présidence amorale ?

Dans un précédent billet, je constatais amer à quel point la politique française a dérapé dans une rhétorique d'extrême droite et des décisions ultra-sécuritaires censées consolider les votes des lepénistes qui avaient assuré l'élection à la présidence de N.Sarkozy.

Dans le Marianne de ce samedi 22 août, Michel Onfray interrogé sur le fait que les responsables politiques seraient les otages des hyperriches a ces mots terriblement lucides.

''"Un chef d'Etat postmoderne ne se retrouve là où il se trouve que parce qu'il aura fait fi de la morale et se sera comporté comme un prédateur sans foi ni loi. Il instrumentalise la morale pour les campagnes électorales, pour les discours, la parade et l'estrade, pour les médias et la télévision, pour faire bonne figure.

La morale est chez lui un masque qui dissimule son faciès d'animal de proie. Il ne commande pas, ou alors aux marges : il distribue les hochets, les postes, les rubans, les décorations, il inaugure une gare ou un aéroport, il engloutit chaque jour le budget de 100 Louis XIV pour ses frais de parade, il jouit des prérogatives du mâle dominant dans une cour plus ou moins grande.

Mais les vraies décisions se prennent ailleurs : là où l'argent fait des petits sur le mode tumoral(...)''

Il faut relire un peu de La Boétie, qui pose cette question : " comment peut-il se faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? »

Pour La Boétie, la domination du tyran ne tient que par le consentement des individus. Un tyran n'est grand que parce que nous sommes à genoux.

Sans ce consentement, la domination ne serait rien : « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libre ». Les hommes sont responsables de leur assujettissement au pouvoir. En un mot, la tyrannie repose moins sur la répression que sur la dépossession volontaire de la liberté.

Pour sortir de cette domination il faut sortir de l'habitude, il faut garder un esprit critique et libre.

Un esprit critique et libre, c'est celui de ce juge nantais qui a dû dire le droit et expulser des roms mais qui ajoute dans ses conclusions :

''« L'Etat s'abstient de prendre à bras le corps le traitement de cette extrême précarité de la communauté des Roms, chroniquement repoussée au jour le jour d'un emplacement à l'autre sans qu'une solution d'envergure ne soit envisagée au plus haut niveau en concertation avec les instances européennes.

Manifestement, cet impérieux devoir d'entraide et de solidarité ne semble pas être hissé à un rang prioritaire dans la hiérarchie des préoccupations des plus hautes autorités nationales.

Au contraire, la défaillance de la puissance publique est patente dans ce domaine et le traitement de la difficulté par la seule voie de l'offensive médiatisée et de la répression en apporte une singulière illustration.

Dans un tel contexte aussi lourd sur le plan du respect de la dignité humaine, l'office du juge se réduit ponctuellement à une touche de rapiéçage social pour tenter d'atténuer les conséquences abruptes d'une désocialisation dont l'Etat ne prend pas la mesure. »'' Source

Vous avez remarqué combien d'hommes politiques ne jouent que dans le registre de l'émotionnel ? Or, l'émotion est le contraire de la raison qui permettrait de sanctionner celui qui, prenant cyniquement l'opinion à témoin, flatte seulement pour arriver à ses fins le côté obscur présent en chacun de nous.

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