Dis, t'as des puces ?
Par Pierre le 16 août 2005, 09:12 - Reflets - Lien permanent
Ce sera bientôt la question que nous pourrons nous poser mutuellement.
La puce RFID fait l'objet de plus en plus d'utilisations et de prospectives sécuritaires, médicales, scolaires, etc.
Bon d'abord, c'est votre chien qui en a profité. Plutôt que de le faire tatouer (au risque qu'un indélicat ne le détatoue à l'acide), vous l'avez fait pucer.
Les attentats de 11 septembre (pas la prise de pouvoir au Chili par le dictateur Pinochet avec l'aide des USA, non, les autres aux USA justement) ont fait galoper les idées orwelliennes.
Et si on puçait les hommes comme on le fait avec les chiens (mais aussi les chevaux) dans un souci de traçabilité ?
Que voilà une idée qu'elle est bonne.
C'est parti
''> Pour le bien du citoyen et de l'usager...
Ce scénario orwellien fait froid dans le dos? ce n’est plus un scénario, mais un projet nommé The Snorting Door Project. Un plan issu du cerveau d’une ancienne barbouze de la CIA embauchée par SAP, que révèle un article du Register.
"Les étiquettes RFID offrent des opportunités phénoménales" déclare le porte-parole du Homeland Security, Valerie Smith. "De telles recherches peuvent s'avèrer très utiles". Smith ne souhaite néanmoins pas commenter si le Homeland Security a déjà rejoint le projet Sorting Door.
Les défenseurs de la vie privée s'inquiètent que le gouvernement cherche déjà des moyens d'accéder aux ressources de ce réseau (EPC Network). Plusieurs lignes aériennes ont déjà montré leur bonne volonté de retourner leurs bases de données aux autorités fédérales, au nom de la sécurité nationale.
"Le gouvernement fait déjà beaucoup d'exploitation de données, avec des bases de données du secteur privé" a déclaré Katherine Albrecht, présidente de l'association CASPIAN. "Il les laisse venir à bout du quatrième amendement de la constitution (qui protège des citoyens contre des recherches arbitraires). Ce sont des données qu'on ne leur permettrait pas d'obtenir tout seul."
A l’exception de SAP, les principaux usagers potentiels de ce formidable outil de flicage refusent de commenter ou d’afficher leur éventuel soutien au projet Snorting Door. Simple question d’image de marque.
SAP a effectué des tests RFID avec des entreprises comme Wal-Mart, Procter & Gamble et le Metro Risk Management Group (L'entreprise en question a été fondée en 1998 par des personnes de sécurité de la CIA et du FBI et s'est spécialisée dans l'anti-terrorisme, la libération d'otages et dans des questions de surveillance).
Dérive de nos consciences...
Pour l’heure, la question heurte encore les mentalités. Tout comme l’établissement d’un profil précis de l’internaute pouvait choquer il y a quelques années. Tout comme aurait choqué, il y a à peine 5 ans, l’idée même qu’une entreprise commerciale puisse un jour injecter un programme d’espionnage dans les ordinateurs des particuliers afin de les "guider intelligemment au fil de leurs décisions d’achat" (en d’autres termes, des spywares et adwares).
Il se pourrait bien qu’à force de dérive sémantique, de "tolérances exceptionnelles", de "clauses légales particulières" et autres "malencontreux débordements devenus depuis des faits accomplis", le flicage par RFID passe un jour dans les mœurs, sans que personne ne s’en rende compte. Une sorte de cookie matériel, rien de bien méchant, après tout, puisque l’on nous assure que l’usage en est contrôlé par l’éthique de ceux qui disséminent ces "agents".
La grenouille se sent maintenant terriblement engourdie...
Source : Register - Par veda - Le 15-08-2005 à 09:56:00''
Mais aussi au niveau médical
Les puces RFID peuvent avoir dans certaines circonstances une vocation utile pour toute la communauté et pas seulement pour de sombres industriels ou Etats en mal d’autorité ou de bigbrotherisation. Ainsi l’expérience pilote menée à l’hôpital de Saarbrück en Allemagne mérite notre attention.
Ce projet consiste à implanter une puce RFID dans un bracelet porté par chacun des 1000 patients volontaires de ce centre hospitalier. La pupuce contient un numéro que médecins et infirmières pourront identifier à l’aide d’un PDA ou d’un Tablet PC équipé d’un lecteur RFID. Une base de données renseignera alors sur l’historique du dossier médical, sur les médicaments administrés et donc ceux à éviter, sur les maux du patient, etc.
La disponibilité immédiate de ces données permettra de gagner de précieuses secondes lorsque l’urgence est là. Elle fera également gagner des économies en paperasse. Un projet similaire avait été mené à New York mais dans le cas allemand, chaque patient pourra connaître ses propres informations médicales à l’aide d’un petit terminal mis à sa disposition. Le projet repose sur la collaboration de Siemens pour les puces, ainsi que Fujitsu et Intel qui prennent en charge la fourniture du matériel.
Mais aussi dans les écoles
Une école tente de RFIDer ses élèves Sans fil
Une école de Californie, la Brittan Elementary School, a été séduite par les charmes des puces RFID (Radio frequency Identification). L’établissement a eu la joyeuse idée de mettre en place un système de carte d’identification pour ses écoliers avec une puce RFID implantée (dans la carte, non l'élève, n’exagérons pas).
L’enjeu ? L’intendance de l’établissement, la gestion des entrées et sorties, de la cantine, de la vie scolaire des 590 élèves. Il s'agissait aussi de réduire le vandalisme et d'augmenter la sécurité de tous... parait-il. L’idée avait évidemment partagé les parents, qui n’avaient même pas été consultés sur son principe. Certains grincheux ont même osé voir là des atteintes plutôt fortes à la vie privée et à la liberté individuelle des enfants.
« Il y a d'autres moyens d'assurer la sécurité des enfants sans les transformer en une pièce d'inventaire » critiquait ainsi l'un d'eux, parent d’enfants de 5 et 7 ans.
RFID parents Par mesure de bienveillance, l’école a donc un temps décidé de réduire partiellement les mesures de surveillance en retirant les scanners à l’entrée des classes et en cessant de sanctionner ceux qui ne portaient plus le badge.
Finalement, la société ItCom, constructeur des RFID utilisées ici, a décidé de cesser tous ses engagements et collaboration avec l’école, sans donner plus d’explication. Le projet est donc pour l'heure abandonné depuis le 16 février. « Je suis heureux de voir que les enfants ne seront plus tracés, mais je continue la lutte pour laisser hors du système scolaire de type d’innovation » commente un autre parent, qui pourra toujours demander à sa jeune tete blonde, le soir : "tu as bien travaillé ma puce ?".
