Une belle analyse de Henri Peña-Ruiz, philosophe, dans le Monde diplomatique. Article datant d'un an mais qui ne perd pas de sa pertinence.

Extrait

Dans la défense du port de signes religieux, en particulier à l’école, certains sont de bonne foi, même s’ils méconnaissent manifestement les exigences propres du lieu scolaire.

Mais d’autres n’ont rien d’enfants de chœur.

Il s’agit de groupes organisés qui conjuguent l’utilisation sophistique la plus habile de la rhétorique de la liberté et de la tolérance, là où ils n’ont pas encore le pouvoir, et les menaces assorties de violences diverses dans les quartiers où ils le détiennent de facto.

Il est triste que certaines organisations – pourtant vouées à la défense de l’idéal laïque et des libertés – soient encore aveuglées et manifestent leur hostilité à une mesure législative destinée à conforter la laïcité. L’esprit laïque s’est-il affaissé en même temps que la défense résolue des acquis sociaux ?

Sa conclusion

Ainsi, alors que l’école laïque prône l’émancipation et s’efforce d’en réaliser les conditions intellectuelles, la société civile réintroduit une inégalité.

Il ne faut pas s’étonner ensuite qu’une sorte de conscience victimaire conduise à valoriser a contrario l’origine ainsi stigmatisée, voire à la mythifier par le fanatisme de la différence.

Le risque de la dérive communautariste, dès lors, n’est pas loin.

Il ne faut pas que la grandeur des principes soit démentie par la bassesse des pratiques.

Car la laïcité n’est pas un particularisme accidentel de l’histoire de France, elle constitue une conquête à préserver et à promouvoir, de portée universelle.

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