Verwilghen
Par Pierre le 8 septembre 2005, 13:50 - Reflets - Lien permanent
Il y en a qui ne manquent pas d'air.
Marc Verwilghen fait partie de ceux-là.
Cet homme politique belge, libéral pur et dur, s'est fait connaître par sa présidence de la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnement du système dans ce qu'on appelle l'affaire Dutroux.
Il a donc été nommé ministre de la Justice, département où il n'a pas laissé la trace impérissable d'une oeuvre et de son action en faveur d'une justice à dimension humaine (à sa décharge, il faut constater qu'il ne doit pas être facile de réclamer comme homme politique libéral la réduction du nombre de fonctionnaires et de reconnaître que dans son département il manquait de juges, de greffiers, de gardiens de prison, etc) et il est devenu ministre de l'économie.
Comme il fallait bien reconvertir ce membre du VLD, parti du premier ministre, et qu'un maroquin doré ( poste de Haut Commissaire aux réfugiés.) lui avait déjà échappé, le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que de présenter la candidature de Marc Verwilghen à la fonction de Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe.
Pourquoi pas ? Pratique courante pour remercier les serviteurs de l'Etat
Sauf que l'intéressé est membre d'un parti qui refuse de ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales (qui date quand même de 1995) mais également de faire appliquer les « Résolutions » invitant solennellement la Belgique à ratifier sans plus tarder ladite Convention-cadre lesquelles résolutions font suite aux passages de commissaires européens venus se rendre compte sur place du mépris dans lequel la région flamande tient les francophones de la périphérie bruxelloise (minorité linguistique) et des tracasseries inventées à l'encontre de ceux-ci.
Il ne semblait pas trop gêné non plus de constater que des chambres de justice flamandes bruxelloises étaient vides pendant que des chambres francophones étaient plus qu'engorgées du fait d'une lecture intégriste du droit du sol.
Et c'est donc cet homme politique qui refuse d'un côté de respecter les droits de l'Homme quand il s'agit de les appliquer à des francophones dans sa région, et qui de l'autre sera chargé de les promouvoir en Europe. On croit rêver .
C'est beau non le cynisme politique ?
