De passage dans un bourg du Brabant wallon, je me suis assis à la terrasse d'un café pour y goûter ...le café.

Pas loin de moi est assis un homme à la cinquantaine plus qu'entamée, portant beau, au hâle prononcé. De noir vétu, pantalon de smoking, chemise noire et cravate noire, cheveux gris travaillés au gel et assis manifestement décontracté. Quand on l'observe un peu plus, on se prend à se dire que le botox est passé par là ou le chirurgien esthétique. Tout est calculé pour donner une image de "winner", à l'aise financièrement et bien dégagé derrière les oreilles.

Il discute avec des copains installés à une autre table et carbure à la kriek.

Très vite, les clients savent qu'il est un parfait noceur, que les escapades à l'étranger sont courantes et que bien évidemment il s'y connait en vins.

La bière ne lui déplait pas, d'ailleurs dans sa Mercedes, il y a un minibar dans lequel se trouvent toujours deux pils au frais.

Arrive sa dame, toute de noire vétue, pantalon noir, chemisier noir, blonde évidemment (décolorée toutefois mais par un bon coiffeur of course), et tout aussi évidemment hâlée et retouchée par le Botox ou un chirugien.

Bref, la mise en scène est impeccable, bien urbains tous les deux. Les clients profitent toujours de leur "richesse" par anecdotes interposées.

Vient le moment de se quitter, à plus chez les Untels.

Madame va vite faire un achat tandis que monsieur regagne sa Mercedes noire garée juste en face, dis donc. Une marche arrière un peu rapide, sans doute due au fait qu'il boit depuis la veille, et il manque emboutir la voiture qui arrive à ce moment sur la route. Celle-ci fait un brusque écart, s'arrête et le conducteur traite à voix très haute notre homme de "connard".

Et c'est là que le lecteur va constater que le vernis est de mauvaise qualité et qu'il va se craqueler irrémédiablement.

Aussitôt le bellâtre sort de sa voiture et s'approche en criant 3 fois de suite : "tu m'as traité de connard" suivi d'un "je vais te casser la gueule, moi, tu verras si je suis un connard"

Ce qu'il confirme derechef.

L'autre sort également et le pugilat commence avec les copains du café qui essayent de séparer les protagonistes.

Moralité

la richesse financière n'est pas nécessairement accompagnée d'une richesse du coeur et/ou de l'esprit.

et quand on s'imagine être quelqu'un parce qu'on en a amassé, on n'est jamais qu'un parvenu.