Outreau - Burgaud (suite)
Par Pierre le 29 janvier 2006, 11:28 - Reflets - Lien permanent
Je reviens sur le massacre des innocents qui a eu lieu à Outreau.
Un remarquable document de la RTBF en collaboration avec France 5, intitulé "les fantômes d'Outreau" montre assez bien à quel point la présomption d'innocence a été narguée par le juge Burgaud.
Parmi les exemples, celui d'un adulte, handicapé mental et physique assisté en permanence par sa mère pour tous les actes de la vie quotidienne, placé en garde à vue par ce juge qui n'a jamais estimé opportun d'entendre la mère. La simple vue de cet adulte handicapé profond suffit à se rendre compte que quelque chose devait clocher.
J'ai aussi tiqué à la lecture d'une phrase du billet de Monsieur Bilger, avocat général, ICI
Il écrit : "Reste qu'une tragédie, même heureusement terminée..."
Mais en quoi est-elle heureusement terminée ?
Judiciairement ?
Certes, mais en partie seulement puisque des enfants retirés à la garde de leurs parents, il y a plus de trois ans, ne leurs sont toujours pas rendus.
Humainement ?
Non, elle ne le sera jamais terminée.
Comme l'écrit Pierre Mertens :
" des divorces, des deuils, une stigmatisation, un déshonneur généralisés.(...) chacun de nous doit avoir été, au moins une fois dans sa vie, injustement accusé ou soupçonné, sans la moindre possibilité de se disculper. On ne peut alors éprouver de pire solitude, de plus pénible humiliation, cela peut ouvrir des blessures incurables."
Moralement ?
Impavide, le juge Burgaud a annoncé qu'il n'y avait pas lieu de s'excuser. N'a-t-il pas, à son estime, rempli consciencieusement sa mission, fait son devoir ?
Pierre Mertens :
"Plus le justicier, couvert des oripeaux de son magistral pouvoir, se sera enfoncé dans l'erreur, plus grand se révélera son aplomb pour ne pas le reconnaître. Drapé dans l'arrogance de sa fonction. C'est tout juste s'il n'aimerait pas passer pour victime - une sorte de bouc émissaire."
Pauvres rescapés de son Burgaudisme !
" N'oublions pas que nous vivons dans un monde de brutes, où les victimes même réhabilitées, demeurent des vaincus et où ceux qui se sont trompés ne courent pas grand risque à ne jamais reconnaître leurs erreurs."
