Caricatures du prophète Mahomet
Par Pierre le 3 février 2006, 11:28 - En direct de la sacristie - Lien permanent
L'histoire commence en Norvège, le 10 janvier, quand un quotidien publie des caricatures du prophète Mahomet.
Là dessus, réactions véhémentes d'islamistes qui en appellent pratiquement illico à la guerre sainte pour réparer l'outrage.
Là dessus, d'autres journaux dans d'autres pays publient les caricatures pour défendre la liberté d'expression.
Et cela enfle, et cela enfle.
L'affaire prenant des proportions tout à fait disproportionnées, inquiétantes.
Commentaires
1. Y avait-il une raison précise qui justifiait cette première publication ou bien était-ce une provocation gratuite, une faute de goût avérée ?
2. Si le Coran condamne les jeux de hasard et l'idôlatrie, il ne condamne pas les images.
3. La réaction est alimentée par les mollahs et autres membres d'un clergé rétrograde qui s'estiment être les seuls à pouvoir décoder la parole du prophète et donc pouvoir décider en son nom de ce qui doit être ou ne pas être. Il s'agit donc quelque part d'une atteinte à leur pouvoir.
4. Si de nombreux musulmans considérent l'Islam comme une religion de paix et d'amour, le plus grand nombre des fidèles est encore enfermé et maintenu dans un obscurantisme fanatisé et instrumenté à des fins plus politiques que religieuses.
On voit bien ici le mécanisme pervers mis en place : ce sont les musulmans qui sont insultés dans leur religion.
Et là une question essentielle : qu'est-ce qui insulte le plus l'Islam, des caricatures de son prophète ou des fanatiques qui égorgent en direct, tuent, placent des bombes au nom d'Allah y compris contre leurs propres frères ??
5. La majeure partie des pays musulmans n'a aucune idée de ce que peuvent vouloir signifier les mots : liberté d'expression.
La preuve : Dans une déclaration à un quotidien tunisien, le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, a souhaité que le Vatican condamne la publication de ces caricatures, affirmant que cela ne relevait pas de la "liberté d'opinion".(AFP)
6. La majeure partie du clergé des pays musulmans n'a aucune idée de ce que peuvent signifier les mots : liberté de pensée et/ou de culte.
Quelle est la logique qui veut imposer ses croyances à des non-musulmans ?
La Commission européenne a réagi en considérant que ces caricatures étaient peu opportunes mais que "la violence, les chantages, les appels au boycott (...) ou même à limiter la liberté de la presse, tout cela était totalement inacceptable"
Si le ministre de l'Intérieur français dit préférer l'excès de caricature à l'excès de censure, celui des Affaires étrangères préfére quant à lui dire que : "la France condamne tout ce qui blesse les individus dans leurs croyances ou leurs convictions religieuses tout en étant un pays de respect et de tolérance attaché à la liberté d'expression" .
Bref, il n'est ni pour, ni contre, que du contraire.
les journalistes de France Soir, dont le directeur a été limogé par le propriétaire franco-égyptien du titre pour avoir publié ces caricatures, justifient ce choix : "le fanatisme ne se nourrit que des capitulations des républicains et des laïques. On sait à quelles défaites mène l'esprit de Munich".
Là au moins, c'est clair
