Voile électoral
Par Pierre le 29 septembre 2006, 10:32 - Reflets - Lien permanent
Le 8 octobre auront lieu en Belgique des élections communales.
A cette occasion, le ministre-président de la région bruxelloise qui compte une forte population musulmane a sorti une circulaire pour insister sur la neutralité indispensable qui doit prévaloir de la part des assesseurs et qui stipule que : “en vue de garantir la liberté de l’électeur dans son choix démocratique, la manifestation extérieure de toute forme d’expression politique, philosophique ou religieuse est interdite pour les membres électoraux”.
En Belgique en effet, les assesseurs du président d'un bureau de vote deviennent le temps du vote des "fonctionnaires".
Lesquels sont tenus à un devoir de neutralité qui se traduit par l'absence de signes ostentatoires religieux ou politiques.
Imagine-t-on un juge siéger en tchador ?
Evidemment, des jeunes filles voilées, appelées comme assesseur, se sont senties discriminées et les communautaristes sont montés au filet, MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) en tête.
C'est quand même formidable de voir cette constance dans les attaques contre la démocratie, laïque par définition. Le port du voile n'est évidemment pas remis en question dans la sphère privée ou en rue, mais uniquement lorsqu'il est incompatible avec une fonction d'officier public étant entendu qu'il appartient à la société civile de déterminer si cette pratique est compatible avec les règles du vivre ensemble".
Le ministre-président laisse donc aux présidents des bureau de vote, le soin d'apprécier si la neutralité est respectée ou non.
Faut-il encore rappeler que le voile islamique est clairement un rapport à la féminité, à dieu, à la culture.
Comme l'écrit Nadia Geerts dans son livre "L'école à l'épreuve du voile" : "le voile, contrairement à d'autres signes d'appartenance religieuse, ne vise que la femme. Il tend à nier la féminité et il est porteur d'un message explicitement sexuel : qu'elle soit ou non mariée, celle qui le porte se garde pour son (futur) époux. Aux hommes les pulsions incontrôlées, aux femmes de devoir s'y soustraire en reléguant leurs attraits au placard."
Autrement dit, en quoi si dieu existe, a-t-il besoin qu'une jeune fille se dissimule la tête (et le corps) pour savoir qu'elle appartient à son fan-club ?
Une fois de plus dans le cas présent, on ne veut pas voir que le voile fait partie d'un ensemble de coutumes et de croyances et que ces coutumes doivent céder le pas lors de l'exercice d'un mandat de fonctionnaire.
Nadia Geerts le rappelle opportunément : "la démocratie n'est pas une égale et infinie bienveillance pour tous. Les droits de l'homme ne sont pas (re)négociables.
