Barre à droite toute
Par Pierre le 15 mars 2007, 11:09 - En direct de la sacristie - Lien permanent
Prenant l'exact contrepied des réflexions de Pierre de Locht, Monsieur Benoît y va de sa première exhortation apostolique.
Sans surprise, le célibat des prêtres y est confirmé.
Tout aussi sans surprise, intervenant comme à l'accoutumée dans la vie politique démocratique, il adresse un ferme avertissement aux "hommes politiques et législateurs" catholiques pour qu'ils refusent de voter des lois autorisant l'euthanasie, l'avortement ou les unions homosexuelles, lois contraires selon lui à la nature humaine.
Pas de pardon également pour les divorcés remariés, sauf s'ils s'engagent à vivre avec leur nouveau conjoint "comme amis ou comme frère et soeur".
Pour mémoire, l'inceste entre frère et soeur majeurs n'est pas punissable sauf en Allemagne où se déroule actuellement un procès contre un frère et une soeur ayant eu des enfants ensemble.
Il recommande enfin un usage plus large du latin à l'occasion des célébrations internationales.
Force est de constater que toutes ces recommandations sont celles de l'extrême droite catholique.
Et toujours cet emploi de termes non définissables objectivement.
La nature humaine par exemple.
Un être humain, je vois ce que c'est, la culture humaine oui, l'humanité qui regroupe les êtres humains aussi, mais la nature humaine ??
Ah si, la notion de nature humaine est évoquée dans le passé notamment par l'église qui distincte une partie de l'humanité comme étant de nature humaine et l'autre, les Indiens des Andes , les Noirs par exemple, comme n'étant pas de nature humaine, avec des conséquences mortelles non négligeables pour ceux-ci.
Cela vous a quand même une connotation raciste nauséabonde.
Le terme nature humaine renvoie à la "nature" donc ce qui est inné, lié à l'évolution biologique, lié aux notions de faim, soif, sommeil, sexualité. (on peut se demander pourquoi alors cette sexualité est tellement brimée par l'église prônant par ailleurs le respect de cette "nature humaine").
Un homme privé d'un environnement social, culturel serait-il de "nature humaine" ?
La réponse est NON, évidemment.
L'être humain est essentiellement un être de culture. Il existe différentes cultures qui proposent leur modèle de lecture et de construction du comportement humain.
Il faut donc arrêter de parler d'une "nature humaine" qui serait au dessus des cultures.
Parce que en poussant le raisonnement, les hommes qui votent des lois qui vont à l'encontre de la nature humaine, comme le dit Benoît, relèvent-ils encore de cette nature humaine qu'ils ne respectent pas ??
C'est le sens du message : un être humain ne peut donc que respecter une nature humaine qui le transcende en quelque sorte.
Ce sont les conceptions très dogmatiques de l'église catholique romaine représentant une certaine culture religieuse.
Il y a d'autres cultures, tout aussi dignes d'être respectées.
Heureusement

Commentaires
"Un être humain, je vois ce que c'est"
...objectivement? bien, alors objectivement, on le définirait comment ?
"la notion de nature humaine est évoquée dans le passé notamment par l'église qui distingue une partie de l'humanité comme étant de nature humaine et l'autre, les Indiens des Andes , les Noirs par exemple, comme n'étant pas de nature humaine, avec des conséquences mortelles non négligeables pour ceux-ci" : c'est pour ça qu'ils alleint les évangéliser. Parceque qu'ils ne les considérait pas comme des humains, et que l'évangile disait "allez annoncer à toutes les nations". ouais ouais.
J'espère au moins que cette réflexion ne se voulait pas pertinente, et n'avait d'autre but que de bien montrer l'ignorance de l'auteur sur le fait religieux actuel et passé (ce qui, du coup, est par contre très honnête. c'est bien de montrer sans hésiter sur quels points on manque cruellement de données.)
(il semblerait que l'auteur en question confonde les missionnaires avec les conquistadores et les esclavagistes ; bon : les premiers ont une grande robe noire, les seconds un casque bizarroïde métallique sur la tête, les derniers font du commerce sur des bateaux avec des rois africains et des méharis nord-africains vendeurs d'esclaves. voilà comment ne pas les confondre, vous voyez c'est facile... :-D
Pour la suite, et concernant la nature humaine : pourquoi un humain "privé d'un environnement social, culturel", ne serait-il pas de "nature humaine" ??
et en quoi ce "NON" est-il si évident ?
Cette affirmation me sembe assez grave, du point de veu de ses implications.
Là, pour le coup, on se retrouve réellement avec "une connotation raciste nauséabonde", et pour de bon.
Z'explique : si on prend telle quelle cette affirmation, alors les "enfants sauvages", par exemple (enfants élevés par des animaux) voient là leur nature humaine niée ; et donc tout ce qu'on y attache (respect dû à tout être humain, solidarité humaine...).
L'affirmation d'une nature humaine partagée par tous les êtres humains, indépendamment justement de leur culture, leur âge, leur forme, leur taille, leur époque... ...est la base même de, par exemple, l'humanisme.
La négation d'une nature humaine réelle, et l'affirmation qu'un être humain est défini par sa culture, sa forme, ses liens sociaux, son développement (physique, mental, moral...),
se retrouve justement très clairement à l'origine de tous les racismes les plus meurtriers.
à cause de ce que ces cultures, formes, âges, développement, ont de différemment développés (au sens d'une fleur qui en s'ouvrant se développe et prend forme), diverses classifications plus ou moins "évolutionnistes" (plus on est "avancé" dans le développement, plus on est "supérieur") finissent par naître de l'esprit de ceux qui nient une nature humaine en chaque être humain, qui ne voit l'être humain que comme une matière modelée et définie par ses liens, rapports sociaux, culture,...
ça a été les esclavagistes, les nazis, eugénistes, et d'autres encore.
(d'un point de vue philosophique, je rappelle que : un chat est de "nature Chat", un myosotis de "nature myosotis", un être humain de "nature humaine" - indépendamment de leurs variations de forme, goût, couleur, race, variété, taille, âge, développement,...)
Cela fait un peu mélangé tout cela
reprenons donc
Il existe des êtres humains qui font partie de l'espèce humaine. Point
Très subtilement, apparait cette notion de nature humaine, indispensable à un discours de type religieux.
Pourquoi ?
la nature humaine serait donc l'essence même de l'homme, et ce indépendamment de toutes les différences de sexe, de religion, de couleur de peau, de santé, de moralité, etc....
Si on élimine toutes nos différences, quel est alors le point commun qui nous définit comme "de nature humaine".
Un seul point commun, on appartient tous à l'espèce humaine, appartenant à l'espèce animale (et dans certains cas avec 97% de gênes communs.)
Ce qui revient à dire que la nature humaine est définie par son appartenance biologique
Mais en quoi une définition biologique est-elle synonyme de "nature humaine" ou d 'essence ?
Sauf à penser que l'homme, ce sont tous les hommes. Et c'est cela que je fais remarquer dans cette approche de l'être humain ou de l'espèce humaine. En la qualifiant de "nature humaine", il n'est pas possible de singulariser. Ce qui vaut pour tous, vaut pour un. L'euthanasie va à l'encontre de la "nature humaine" pour certains, donc pas question de l'autoriser.
Modifions les mots : "l'euthanasie va à l'encontre de l'être humain". On sent bien que cela bloque. Si l'être humain veut mourir, c'est son droit
"L'euthanasie va à l'encontre de l'espèce humaine ". Encore faut-il expliquer en quoi l'espèce humaine serait menacée par la mort de quelques individus ?
Seule alors reste l'explication :" la nature humaine est d'essence divine" et dogme aidant : "ce que dieu fait, l'homme ne peut le défaire. "
En droit international, on ne parle d'ailleurs que "d'être humain" ou "d'espèce humaine" (par exemple l'interdiction de clonage parle de protection de l'intégrité de l'espèce humaine pas de la nature humaine)
Je fais partie de ceux qui pensent que l'être humain, dans sa condition d'Homme (ou de personne) fait partie d'une histoire individuelle (résultat d'un inné, d'un environnement, d'un acquis) qui prend place dans une histoire collective (une culture)
...donc, que c'est l'environnement qui fait l'humanité en l'homme.
Ce qui permet de dire assez facilement que certains environnement "rednent" moins humains que d'autres. on voit où ça va, d'autant que c'est très exactement ce même chemin qui a déjà été emprunté.
Autrement dit aussi : si l'humain ce n'est qu'un résultat (d'une histoire, de circonstances), au début, en nous-mêmes, nous ne sommes rien ; et plus on vit, plus on est humain. (mais si, mais si)
ça aussi, c'est ben pratique.
(et on aura tout de même allégrement passé sur les lacunes et raccourcis historiques : c'est un peu gênant pour faire confiance aux bases du raisonnement, après...)
Que voilà un joli glissement sémantique qui tend à me faire dire le contraire de ce que j'écris
Je n'ai jamais écrit que certains environnement rendaient moins humain que d'autres.
reprécisons donc : un être humain est un être humain du fait de son appartenance à l'espèce humaine.
Donc une femme, un homme, un homosexuel, un tueur, un violeur,.... sont des êtres humains "par définition". Donc au début comme l'écrit Ti'Hamo nous ne sommes pas "rien" mais un être humain.
Chaque être humain est le "produit" d'une histoire personnelle imbriquée dans une histoire générale
Et donc certains êtres humains vont acquérir des valeurs comme la compassion, la tolérance, l'esprit critique, bref pour faire court, les valeurs promues dans la Déclaration Universelle des droits de l'Homme et vont être capables de regarder les autres êtres humains avec humanité, dans leur "humanitude" comme l'écrit Albert Jacquard
Soit. Mais alors, si un être humain est un être humain du fait de son appartenance à l'espèce humaine, et si tout être humain a droit à compassion, respect, etc... ...alors cela nous interdit (en toute logique) la peine de mort et l'avortement. Soit.
D'autre part, et si on se demande :
- au nom de quoi les valeurs promues dans la déclaration des droits de l'homme sont seules garantes de l'humanité ? Si on naît dans une autre culture (les droits de l'homme étant un produit de notre culture européenne, de racines gréco-latines et judéo-chrétiennes), on serait donc moins "humain", on ne saurait pas faire preuve d'"humanité" ?
- sur quoi se fonder pour affirmer l'"Universalité" de notre déclaration des droits de l'homme ? n'engage-t-elle pas uniquement ceux qui y souscrivent ? (à moins de la poser alors comme nouvelle religion, qu'il s'agira comme toujours d'aller imposer aux autres peuples bon gré mal gré, en les assurant de la supériorité de nos principes, pour les sauver malgré eux de leur ignorance...)
- est-il plus "humain" de sauver le monde, ou de le détruire ? est-il plus "humain" de chercher avant tout à survivre quitte à bouffer (sens propre ou figuré) ses voisins, ou de faire preuve d'abnégation et de renoncement à soi-même ? sur quels critères peut-on se permettre de juger chacune de ces attitudes ?
La sauvagerie n'est-elle pas aussi humaine que la générosité ? Qu'est-ce qui permet de dire que telle valeur soit "plus humaine" que telle autre ?
Faudrait d'abord lire les prémisses de la déclaration des droits de l'homme et de son universalité : "Les droits de l'homme, droits humains, ou droits de la personne, désignent un concept selon lequel tout être humain possède des droits universels, quel que soit le droit positif en vigueur ou les autres facteurs locaux tels que l'ethnie ou la nationalité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l'homme
"est-il plus "humain" de sauver le monde, ou de le détruire "
Un être humain est capable du pire comme du meilleur. Pas toujours facile a accepter.
Il n'y a donc pas de valeurs plus "humaines" que d'autres. Il existe des valeurs qu'un certain nombre (un nombre certain) considèrent comme humanistes et qui sont reprises dans la "Déclaration universelle des droits de l'homme"