Euthanasier un objet de soins
Par Pierre le 16 mars 2007, 13:38 - Reflets - Lien permanent
Finalement, le médecin et l'infirmière qui avaient abrégé les souffrances de cette femme qui agonisait d'un cancer généralisé et qui en était à vomir ses excréments, ont été condamnée à un an avec sursis pour la première et acquittée pour la seconde.
Un procès sans plainte ou constitution de partie civile de la famille. La patiente était la belle-mère de la soeur du médecin.
Alors pourquoi ce procès ?
Parce que ces deux professionnelles de la santé ont été dénoncées par certains de leurs pairs, au motif qu'ils n'avaient pu "accompagner" la mourante, avec en toile de fond une conception religieuse des soins palliatifs.
Attends, on hallucine là ?
Il va quand même falloir que certains sortent de ce système paternaliste de soins dans lequel un malade qui entre à l'hôpital devient "objet de soins".
Il va falloir que d'urgence certains professionnels de la santé apprennent à taire une vanité imbécile de "celui qui sait". On a pu apprécier en d'autres lieux, je pense à Outreau, les dégâts de ces imbus d'eux-mêmes.
Définitivement, le seul qui sait est le malade. Et s'il a envie de mourir, c'est son droit le plus strict - après tout c'est sa vie - et s'il n'a plus envie de se soigner c'est encore son droit, après tout, c'est sa souffrance .
S'il y a bien une liberté suprême, c'est celle de disposer de soi-même, et au mieux d'être éclairé par des professionnels pour le faire en connaissance de cause.

Commentaires
Le problème n'est pas celui de donner la mort, ou d'avoir envie de mettre fin à ses jours. Il est trop souvent dans l'acharnement thérapeutique. Si on était plus sage à ce sujet, beaucoup de cas de conscience ne se poseraient pas.