Démocratie, néolibéralisme, populisme
Par Pierre le 8 janvier 2008, 10:39 - Reflets - Lien permanent
Nous vivons, dans nos pays européens dans une démocratie.
De plus en plus, on a quand même l'impression que cette démocratie s'essoufle.
Il suffit pour cela de regarder en France où le populisme d'un candidat a triomphé aux dernières élections présidentielles et où les vrais problèmes sont réglés en comités restreints composés des décideurs essentiellement économiques, néolibéraux, qui privilégient le "bien" des grandes entreprises au détriment de celui de la société française et de ses habitants.
Ce qu'on appelle la gouvernance, laquelle justifie des sacrifices pris en charge quasi uniquement par les habitants pour mériter le titre de "bonne gouvernance" qui c'est bien connu dépend des lois du marché (ce qui dédouane par défaut les dirigeants néolibéraux).
Guy Hermet (politologue), dans une interview accordée au SOIR, lie le déclin de la démocratie à celui de l'Etat-providence qui n'a plus grand chose à offrir aux électeurs (après les grandes avancées comme le suffrage universel, l'âge du droit de vote, les pensions, la sécurité sociale, etc).
Que reste-t-il aujourd'hui à offrir pour une société meilleure ?
Comment expliquer aux électeurs que la démocratie est la meilleure (ou la moins mauvaise) des solutions pour vivre ensemble, pour maintenir l'indispensable solidarité à une vie en commun alors qu'ils peuvent constater l'augmentation des inégalités, la quasi impossibilité d'un avenir meilleur ?
La situation de la France est là pour nous montrer la dérive démocratique. Combien ont voté pour un candidat populiste (mis en scène grâce à la maitrise des médias par copains interposés) en imaginant élire un sauveur (tellement vibrionnant) qui va leur donner le bonheur ?
Comme l'écrit Guy Hermet : "Nous avons de la peine à réaliser et à admettre que la démocratie réelle, "appliquée", telle que nous la connaissons, était largement une ruse. Le reconnaître et imaginer de nouveaux moyens de faire entendre la voix du plus grand nombre serait probablement un progrès."
Si nous sommes un peu protégés en Belgique, vu le mode de scrutin différent qui oblige à des compromis pour gouverner, je n'ose imaginer un gouvernement qui serait uniquement composé des partis libéraux wallons et flamands.
