Des étudiants et des professeurs de l'université La Sapienza de Rome entendaient bien le souligner. Dans l'enceinte de la plus prestigieuse université italienne, ils ont manifesté contre la venue du pape Benoît XVI qui devait y prononcer un discours ce jeudi 17 janvier.

Le chef de l'Eglise catholique devait inaugurer l'année universitaire 2008. Mais une soixantaine de professeurs et d'étudiants ont tenu à dénoncer une venue qui : "nous offense et nous humilie. Nous ne pouvons accepter qu'une autorité extérieure vienne ici dire ce qui est juste ou non".

En cause : un discours prononcé en 1990 par celui qui n'était encore que le cardinal Joseph Ratzinger. Ce discours, affirment-ils, démontre que le futur pape soutenait le procès en hérésie intenté en 1633 contre Galilée pour avoir osé affirmer que la Terre tourne autour du Soleil.

La controverse n'avait cessé de s'étendre depuis une pétition de 67 professeurs de l'université - sur 5.000 - présentant le pape comme un théologien rétrograde qui place la religion au-dessus de la science et ne devrait donc pas être autorisé à prendre la parole dans un temple de la pensée laïque.

Benoit XVI qui a renoué dimanche dernier avec un rite trés ancien. Il a tourné le dos à ses ouailles, un rituel qui n'avait pas été observé depuis notamment Vatican II, concile tenu dans les années 60 et synonyme de modernisation de l'église.

Monsieur Benoît récolte ce qu'il sème.

Depuis son élection en 2005, il combat ce qu'il considère comme des efforts pour limiter les prises de position de l'Église dans la sphère publique, en particulier en Europe.

Et certaines de ses positions sur des questions comme l'avortement, le mariage homosexuel ou l'euthanasie ont conduit ses détracteurs en Italie à l'accuser d'ingérence dans la vie politique.

Le Vatican est un Etat qui s'ingère dans la politique d'un autre Etat, autrement dit.

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Là où l'église catholique a encore une influence (Italie, Pologne,...) elle ne peut s'empêcher de se mêler de politique.

Encore une fois, la tolérance c'est permettre à l'église catholique de s'adresser à ses fidèles et uniquement à ceux-ci. La tolérance ce n'est donc pas permettre à l'église d'influencer les lois débattues et votées démocratiquement .

Et manifestement en Italie, ils sont de plus en plus nombreux à fustiger ce comportement.

Ben oui, la tolérance ne doit pas être à sens unique.