Le bonheur, tu crois ?
Par Pierre le 2 mars 2008, 09:55 - Reflets - Lien permanent
Il m'est souvent arrivé de m'interroger sur le bonheur. Sur ce concept qui me semble inventé pour maintenir les hommes dans une certaine soumission aux prescriptions religieuses et donc au pouvoir que s'attribuent les prêtres (au sens large du terme) censés interpréter une parole et une volonté divines et/ou censés être les intermédiaires obligatoires entre les dieux, les morts et les vivants..
Pour de nombreux croyants, le bonheur est un dû qui récompense leur soumission aux dogmes, à une religion prescriptive. Il n'apparait que post-mortem sous forme d'un paradis qui se ressemble d'une religion à l'autre.
Et plus l'ignorance, l'obscurantisme sont grands, plus grand est l'espoir d'une "vie" idyllique dans l'au-delà. Au point pour certains de se tuer pour y avoir accès plus rapidement.
La définition du "bonheur" durant la vie n'est pas facile. Certains évènements, certains moments de la vie procurent certes un état de bien-être volatil qui se caractérise par une durée limitée dans le temps.
Aucune difficulté par contre pour définir le "malheur", les références à la maladie, à la souffrance, aux deuils sont nombreuses et reposent sur un certain hasard indépendant donc, encore que, de notre volonté.
Croire en une divinité représente un avantage, malheur et bonheur sont le résultat d'un destin écrit par une main toute puissante et donc inaltérable. Croire implique alors d'accepter son sort, quel qu'il soit, d'origine divine.
"Ce qui doit arriver arrivera. C'est écrit".
Pour un athée, la vie toutefois n'a pas de sens même si pourtant nous essayons de lui en donner un. Nous n'avons aucun rôle à jouer ou à tenir, si ce n'est d'essayer de promouvoir nos intérêts en donnant à l'autre une place respectable, et ce dans une démarche de progrès, ce qui nécessite une pugnacité certaine.
Cette lecture humaniste cède d'ailleurs de plus en plus le pas à une compétitivité pour arriver à promouvoir des intérêts égoïstes, pour écraser l'autre afin de creuser et/ou d'augmenter son trou.
Faire son trou relève bien souvent actuellement d'une compétition implacable qui vise à éliminer ceux qui sont jugés comme moins performants. On ne parle plus de "bonheur" mais de réussite personnelle ou sociale.
Je pense qu'on ne peut être heureux "contre" les autres mais "avec" les autres.
Pour moi, le mieux auquel nous pouvons prétendre est un état empreint d'humanisme (une légitimité morale) qui se conçoit comme vivre en harmonie avec son environnement, avec soi-même et avec les autres tout en vivant lucidement en "dés-espérance" c'est à dire en n'attendant rien de la vie ou des autres, autrement dit en vivant le présent, sans se complaire dans le passé ou préjuger de l'avenir.
Car non seulement notre vie (la période s’étendant de la conception à la mort d’un organisme singulier et individuel. Wikipedia) n'a pas de sens mais en plus nous serons toujours "seul" pour vivre les évènements qui surviendront de la naissance à notre mort, puisqu'on ne peut aborder la réalité qu'à travers l'image que nous en avons.

Commentaires
Pas de réponse à ta question, Pierre ! Alors je réponds.
Ta phrase : "Je pense qu'on ne peut être heureux "contre" les autres mais "avec" les autres." révèle sans aucun doute un bel humanisme, mais aussi une très bonne disposition ainsi qu'une attente optimiste des humains... (Il est vrai que pour un athée, vaut mieux une attente optimiste que pessimiste, car en dehors de cela qu'y a-t-il ?)
Athées ou non, nous rêvons tous de bonheur, c'est normal et légitime. Toutefois l'idée selon laquelle la foi en Dieu apporterait le bonheur pour un être ici-bas est fausse. Le bonheur (cette idée de bonheur que nous nous faisons) n'existe que dans le paradis. Parce que le paradis est le lieu où habite non seulement Dieu, mais les êtres humains qu'il a créés : des êtres humains sains comme lui. Autant la lumière du soleil éclaire la terre et ses habitants, autant le paradis et ses habitants sont éclairés par la présence de Dieu. Vous avez là le sens de l'existence humaine. Le pourquoi de l'être humain. (ou alors la disposition du coeur est bloquée par un athéisme lourd).
Mais un jour, tout a basculé et le péché est entré dans l'humanité. Dieu a chassé les hommes hors du paradis... Comment être réellement heureux hors de la présence de Dieu ?
La nostalgie du paradis perdu est dans tout être humain. Le rêve d'idéal que nous nourissons, il est là. Séparés de Dieu, ce rêve est impossible. Mais il suffit d'être reconnecté avec Dieu pour que ce rêve puisse être possible. Voilà le pourquoi du Christ. Vivre en la présence de Dieu implique que nous soyons comme lui : sans péché.
Le péché, voilà le problème insoluble de l'homme, ce dont il n'est même pas conscient. Voilà, je le répète, le pourquoi de Jésus-Christ qui est venu ici-bas nous chercher.
On pourrait en écrire, en écrire... de la situation de notre pays, du monde... Personnellement, je m'en tiens à l'essentiel et te souhaite une bonne réflexion.
"Il est vrai que pour un athée, vaut mieux une attente optimiste que pessimiste, car en dehors de cela qu'y a-t-il ?"
Je ne dirais pas une attente mais plutôt un pari sur l'humain pour un athée humaniste. Croire que l'homme est perfectible grâce aux autres et par une démarche personnelle.
Le reste de ton commentaire confirme exactement ce que j'écrivais. Un croyant a un but dans la vie : rejoindre à sa mort son dieu, voire même renaitre dans une vie qui lui permettra de "compléter" la précédente.
La nostalgie du paradis perdu, c'est du charabia. Comment pourrait-on être nostalgique de qq chose que nous n'avons pas connu.
Tu as une lecture "historique" du Livre, alors que cette lecture ne peut être que symbolique.
Je pense à la création de l'homme dont une théorie intéressante fait de nous des extra-terrestres.
La vie sur terre pourrait être apparue après des impacts de blocs de matière (comètes) provenant de l'espace et contenant des bactéries, lesquelles auraient résisté à l'impact puis se seraient développées. C'est la théorie de la panspermie qui est une des deux théories qui expliquent l'apparition de la vie sur terre. Cette approche a été reproduite en laboratoire.
C'est évidemment moins poétique que le passage par un paradis perdu.
D'accord, mais partant de cette théorie pour l'apparition de la vie, comment expliques-tu la perfection de l'ensemble de la création, pas seulement l'homme, mais les animaux, le système solaire, avec cet infiniment grand comme l'infiniment petit ? Comment expliques-tu la perfection ? Comment le hasard seul pourrait-il par ex. constituer les rouages d'une montre ? C'est à ce problème que la raison se heurte.