Jeux olympiques, Chine, Droits de l'Homme, Internet
Par Pierre le 14 avril 2008, 10:22 - Reflets - Lien permanent
Les droits humains ne sont pas un jeu. » Amnesty Internationale lance une campagne pour mobiliser l'opinion publique sur les dérives des droits de l'homme en Chine. Pour Amnesty, il n'est pas question de boycotter les jeux mais de faire pression sur le regime chinois.
Pour le directeur d'Amnesty Belgium Philippe Hensmans :
Le gouvernement belge et les dirigeants européens ont le devoir de réclamer à la Chine des progrès en matière des droits de l'homme, comme elle s'y est engagée.
Mais les entreprises peuvent aussi agir, sans compromettre leurs marchés, en respectant les normes de l'Organisation internationale du travail ou en plaidant pour des syndicats libres. Quant à l'action de chacun, nos campagnes montrent que l'intervention des citoyens peut déboucher sur des résultats, notamment un meilleur traitement des dissidents que nous défendons. »
N'oublions pas la censure existant sur internet, comme l'explique Reporters sans Frontières
"L’architecture du Réseau chinois a été conçue dès l’origine pour permettre le contrôle de l’information. Il n’existe que cinq backbones, c’est-à-dire cinq points par lesquels passe l’ensemble du trafic. Quel que soit le fournisseur d’accès utilisé par l’internaute, ses e-mails et les documents qu’il télécharge transitent nécessairement par ces nœuds de connexion.
La Chine a ensuite acquis des technologies et du matériel de pointe auprès d’entreprises américaines. Cisco Systems a ainsi vendu plusieurs milliers de routeurs, à plus de 16 000 euros pièce, pour constituer l’infrastructure de surveillance du régime. Ce matériel a été paramétré avec l’aide des ingénieurs Cisco. Il permet de lire les informations transmises sur le Réseau et de repérer des mots clés " subversifs ". La police a les moyens de savoir qui consulte des sites prohibés ou envoie des courriers électroniques " dangereux ".
Les autorités ont mis en place un filtrage efficace de la Toile. Le spectre de la censure est extrêmement large, allant de sites d’information à des publications sur les minorités ethniques, en passant par la pornographie, le mouvement spirituel Falungong ou les droits de l’homme.
Selon une étude menée par le Berkman Center for Internet & Society, la Chine bloque plusieurs centaines de milliers de sites. Certains sont bloqués par leur adresse IP, d’autres par leur nom de domaine, mais des méthodes plus subtiles sont également apparues. Pékin pratique maintenant le détournement de DNS (DNS highjacking), une méthode qui permet, lorsqu’un internaute cherche à consulter un site interdit, de le rediriger vers un autre site, ou vers une adresse invalide.
Ce type de censure est difficile à déceler par l’utilisateur, qui croit erronée l’adresse tapée. Les autorités parviennent également à censurer directement les moteurs de recherche.
Pour Yahoo !, la tâche est aisée puisque celui-ci a accepté de se plier à la demande du gouvernement.
Cependant, d’après Benjamin Edelman, spécialiste des techniques de filtrage du Web, le moteur de recherche Google est lui aussi contrôlé, contre son gré, par le pouvoir. Le blocage pur et simple de cet outil, tenté en 2002, s’est avéré difficile tant il est essentiel au fonctionnement du Net.
La Chine a donc réussi à bloquer ses résultats de recherche, excluant les thèmes controversés. A présent, une recherche Google sur le terme Falungong entraîne soit un blocage temporaire de la connexion de l’internaute, soit ne donne aucun résultat.
Quelques affiches percutantes
