La publicité faite autour de l'euthanasie de Hugo Claus, écrivain belge qui a souhaité être euthanasié car atteint de la maladie d'Alzheimer avait déjà suscité le courroux du cardinal Danneels.

L'Institut européen de Bioéthique, qui comme son nom ne l'indique pas est très proche des positions que l’Église catholique défend dans le domaine éthique, a donc lancé la "Carte de dignité de fin de vie".

Cette carte permet de refuser tout acharnement thérapeutique et de refuser d'être euthanasié. Cette carte est semblable à la carte française "Vigilance fin de vie" lancée au même moment par un partenariat entre « Convergence Soignants Soignés », le GEPS (Groupe d’Etudes et de Prospectives Sociales) et le CPDH (Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine), l’ADV (Alliance pour les Droits de la Vie).

C'est en fait une grande opération que lancent les milieux catholiques et protestants évangéliques contre le droit à l'euthanasie et surtout le risque de voir la loi française modifiée comme les voisins européens.

Evidemment des craintes d'euthanasies sociales sont mises en avant. Les vieillards seraient ainsi euthanasiés pour éviter des coûts de traitement trop importants. Aucune preuve avancée toutefois pour confirmer ces allégations.

C'est une constante de jouer avec les craintes de dérapage

Et puis, il y a les phrases qui méritent attention :

"(...) Mais finalement, être accompagné vers sa mort par des soins palliatifs, n'est-ce pas cela mourir dans la dignité ? "

Cela peut l'être mais pas nécessairement. La dignité ne peut se mesurer que par la personne en fin de vie et non par des soignants ou les proches.

Mourir accompagné de ses proches en prenant un cocktail lytique , c'est aussi mourir dans la dignité puisque c'est la volonté du malade.

"(...) On permet ainsi à la personne en fin de vie et à ses proches de vivre des moments essentiels, naturels et précieux"

On peut se demander en quoi les moments vécus par la personne en fin de vie qui est "dosée" en morphine sont encore "naturels" , excepté si on prend "naturels" pour désigner l'oeuvre de la nature, c'est à dire du dieu créateur.

L'art de jouer avec les mots.