Dans ma commune, deux couples ont fêté leurs noces de brillant soit 65 ans de vie commune, mieux que les noces de diamant (60 ans) et les noces d'or (50 ans).

Je suis admiratif : et cela confirme bien finalement que dans le mariage ce sont les 40 premières années les plus difficiles. Comment arriver à ce stade ?

Sans doute ont-ils respecté l'engagement qu'il avait pris devant le bourgmestre de nombreuses années auparavant : s'unir pour le meilleur... et le moins meilleur.

Sans doute ont-ils refusé un consumérisme égocentrique : "tu ne me plais plus je te jette", comme on le ferait d'un objet.

Sans doute ont-ils pu dépasser leurs rêves d'adolescents d'un "grand Amour", du "prince charmant".

Sans doute ont-ils pu accepter leurs propres faiblesses pour mieux accepter celles de l'autre. Lui ne fut sans doute pas le conjoint idéal et elle ne fut pas la femme parfaite et réciproquement.

Sans doute ont-ils consacré autant d'énergie à leur couple qu'au travail ou à l'éducation des enfants.

Sans doute ont-ils pu appréhender le fait que le bonheur (ou le malheur) ne dépend pas de l'autre mais est de notre seule responsabilité car nous sommes irrémédiablement seul pour être heureux, pour aimer ou pour souffrir.

Sans doute ont-ils aimé l'autre comme il est sans le vouloir autrement, sans être forcément d'accord avec ses gestes, ses idées, dans un apprentissage difficile qui n'a rien à voir avec la passion.

Sans doute cet engagement leurs a-t-il permis de changer, de diminuer leurs défauts et d'augmenter leurs qualités.

Sans doute pour assumer leur engagement ont-ils fait des efforts répétés et prolongés en changeant leur mode de vie, leurs choix de vie, leurs habitudes.

Sans doute enfin ont-ils pu répondre à la question : "Que me dis-tu quand tu ne me dis pas ce que tu veux me dire ?"

C'est donc le moment de citer à nouveau cette sublimissime définition de l'amour que l'on doit à Rainer Maria Rilke :

" L'amour, c'est deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre"

Tout est dit.