La conscience localisée
Par Pierre Kubick le 26 mars 2009, 20:05 - Reflets - Lien permanent
La conscience comme cette perception que l'être humain a de lui-même, de sa propre existence, ainsi que du monde qui l'entoure.
Jusque là, c'était un sujet de réflexions philosophiques ou psychologiques. La neuroscience cognitive entre maintenant dans l'explication de ce qui caractérise la conscience.
Des chercheurs français ont récemment apporter une réponse qui permet de dresser les bases cérébrales de la conscience.
Pour ce faire ils ont utilisé la technique de présentation visuelle subliminale. Cette méthode consiste à présenter brièvement des mots à des personnes, avec une durée d'apparition qui ne permet pas une lecture consciente, et ils ont enregistré l'activité cérébrale pour observer directement l'impact de cette présentation subliminale au niveau du cerveau.
Les enregistrements intracérébraux permettent aux chercheurs de conclure que la conscience des mots perçus est associée aux quatre marqueurs suivants de l'activité cérébrale:
* une réponse électrique du cerveau persistant plus de 300 ms après la présentation du mot. * des oscillations électriques tardives et prolongées, avec notamment une augmentation de puissance dans les fréquences élevées (gamma) par rapport à une perception inconsciente. * une augmentation tardive et prolongée des oscillations simultanées de deux aires cérébrales distantes dans les fréquences moyennes. * une augmentation tardive et prolongée de la communication réciproque entre des aires cérébrales distantes.
Ces marqueurs apparaissent entre 300 et 500 ms après la perception d'un mot et semblent refléter une coopération cérébrale intense. Les chercheurs pensent que c'est leur convergence qui caractérise l'accès à la conscience.
Une première étude de la même équipe publiée en 2005 dans les Proceedings of the National Academy of Science avait montré que les patients accèdent au contenu émotionnel des mots même s'ils n'ont pas conscience de les avoir vus.
Une approche de la conscience qui amène à considérer une dynamique générale et distribuée de l'activité cérébrale. (Raphaël Gaillard, Université Paris Descartes)
