Pour mémoire en Belgique, il n'existe pas de loi interdisant le port du voile à l'école. Chaque établissement scolaire doit posséder un règlement d'ordre intérieur dans lequel il organise son fonctionnement.

Plusieurs établissement ont donc prévu dans ce règlement l'interdiction du port de tout couvre-chef, y compris donc le voile, ainsi que le port de signes ostensibles d'appartenance politique ou religieuse dans l'enceinte de ces établissements.

Le MRAX n'apprécie pas ces règlements et les attaque devant le Conseil d'Etat qui en avril dernier l'a débouté, confortant les règlements des établissements attaqués par le MRAX, estimant que l'interdiction du port du voile contribue à "promouvoir la paix et la fraternité".

L'arrêt stipule :

« Considérant qu'en édictant qu'est interdit aux élèves “le port de tout couvre chef, de signe ostensible d'appartenance politique ou religieuse dans l'enceinte de l'établissement”, le règlement attaqué, loin de porter atteinte à l'objet social de la requérante (le MRAX), a pour effet de le rencontrer et de le conforter; qu'il s'ensuit que la requérante n'a pas intérêt à en poursuivre l'annulation; que le recours est irrecevable. »

Et donc on voit apparaitre un appel de Abdelkhadi BEN MOUSSA, Hajer MISSAOUI, Hava YLDIS, Inès WAUTERS, Mehmet A.SAYGIN, Michael PRIVOT, aux partis politiques avec deux projets d'arrêtés qui prévoient l'autorisation du port du foulard sous certaines conditions.

  • Le port du foulard ne peut justifier pour un élève le refus de se rendre sur un lieu de stage, de participer à un cours ou une activité organisée, sportive ou culturelle,
  • L'interdiction des vêtements couvrant le visage et les mains,
  • L'interdiction du prosélytisme et de l'intolérance vis-à vis de celles qui vont tête nue,
  • L'autorisation du foulard ne peut conduire à la remise en cause du principe de mixité,
  • Des sanctions sont prévues dans les textes en cas de non-respect de ces principes.

Une première réflexion est de se demander comment les enseignants pourraient gérer les manquements à la règle.

Une deuxième est de se dire que le port de signes ostensibles d'appartenance politique ou religieuse autres que le foulard devrait aussi alors être autorisé.

On en arriverait donc à une logique de ghettoïsation des élèves dans une logique communautariste.

Or, le principe de neutralité de l'enseignement officiel c'est aussi d'éviter toute manifestation de ségrégation et donc de communautarisme à l'école.

Finalement, je me dis que le port d'un uniforme scolaire était de nature à éviter toute discrimination.