On ferme à 17 heures
Par Pierre Kubick le 19 août 2009, 08:45 - Reflets - Lien permanent
C'est l'histoire d'un type qui vit au Texas. Il a tué et violé une infirmière et donc condamné à mort.
Depuis 20 ans, il attend son exécution, le temps que ses avocats épuisent les différents recours. Aucun n'a abouti et donc le 25 septembre 2007 à 18h précises il doit recevoir son injection létale.
Et c'est le jour que choisit la Cour suprême des Etats-Unis pour annoncer qu'elle va examiner la constitutionnalité de la mort par injection létale.
Les avocats du type sautent sur l'occasion et dépose un recours en extrême urgence auprès de la présidente de la Cour d'Appel, la juge Sharon Keller pour postposer la mise à mort de leur client en attendant les conclusions de la Cour suprême.
Madame Keller est proche de Bush, méthodiste dévote (droit à la Southern Methodist University) et très à cheval sur les horaires.
A 16h45, le recours n'est pas encore arrivé suite à un bug informatique, les avocats téléphonent donc à la juge pour retarder de quelques minutes la fermeture du tribunal. Pas de bol la juge attend justement un réparateur (dixit) et reste intransigeante sur l'heure de fermeture fixée à 17h, recours refusé. Entre "injecteur assermenté" et réparateur qualifié son choix est fait.
Et donc le type meurt dans les heures suivantes.
Pas de regret chez cette juge dogmatique d'autant plus que trouver un réparateur c'est pas facile. Si cela tombe elle avait oublié de mettre régulièrement du Calgon dans sa machine à lessiver.
La juge se retrouve depuis ce lundi devant ses pairs pour faute professionnelle et pourrait être démise de ses fonctions.
Source : LE SOIR 18/08/2009
