Vivre en démocratie et revendiquer de porter une tenue excentrique est une chose , vivre dans une dictature et vouloir porter une tenue non conforme au légalement correct en est une autre.

Toute notre considération donc à Loubna Ahmed al-Hussein, journaliste soudanaise, qui a eu l'impudence de porter une tunique longue et un pantalon large lors d'une réception.

Le dictateur Omar el-Béchir, par ailleurs sous le coup depuis le 4 mars 2009, d'un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI), pour accusation de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a prévu dans une volonté coercitive maladive deux ans après son coup d'Etat, un article 152 du code pénal soudanais de 1991, qui prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents".

Porter un pantalon, fut-il large, est évidemment un acte d'une indécence intolérable et donc la journaliste et 10 autres femmes dans le même cas ont été arrêtées et condamnées à 10 coups de fouet chacune, aussitôt appliqués.

Mais Loubna Ahmed al-Hussein a contesté les charges et entamé une campagne publique pour abolir une loi controversée. Elle pourrait bénéficier d'une immunité puisqu'elle travaille pour l'ONU mais elle a préféré démissionner pour répondre de ses actes et combattre pour soulever le joug qui pèse sur les femmes soudanaises.

Tergiversations judiciaires, procès, pour en arriver finalement à une condamnation à 200 dollars d'amende sinon 1 mois de prison.

Pas question de payer une amende a décrété cette femme remarquable, qui portait d'ailleurs la "tarha", ce foulard traditionnel soudanais recouvrant la tête et les épaules. Elle a donc été emprisonnée.

Un vrai combat, celui-là, pour la libération de la femme. Chapeau bas Madame