Vents contraires dans les voiles
Par Pierre Kubick le 16 septembre 2009, 06:53 - En direct de la sacristie - Lien permanent
Un athénée d'Anvers qui avait joué la carte de la tolérance en autorisant le voile a dû revoir son règlement d'ordre intérieur et interdire tout port de signes religieux extérieurs distinctifs vu les dérapages de plus en plus fréquents. C'étaient bien évidemment les jeunes filles qui ne portaient pas le voile qui étaient l'objet d'attaques des "pures".
Certains intellectuels qui aiment à se répandre en carte ouverte dans la presse écrite pour que le port du voile soit autorisé ont, me semble-t-il, le défaut d'avoir la mémoire bien courte ou pas de mémoire car trop jeunes.
Dans les années 60, 70 qui étaient ceux montrés du doigt par la "masse" comme de mauvais citoyens, de mauvais camarades de classe ?
Ceux qui ne suivaient pas le cours de religion catholique, qui ne fréquentaient pas l'église, ne faisaient pas leur communion, etc etc. Fallait un certain courage, et des convictions certaines des parents, pour suivre le cours de morale comme on disait à l'époque.
Nous sommes maintenant dans le même cas de figure avec les intégristes islamistes : celles et ceux qui ne se conforment pas à LEUR interprétation du Coran, de l'Islam sont de mauvais fidèles. Et dans un établissement scolaire dès que la "masse critique" des voilées est atteinte, ce sont les progressistes qui ne le portent pas qui sont "attaquées".
Donc l'athénée supprime autorisation du port du voile et donc les intégristes portent affaire devant le Conseil d'Etat qui casse la décision au motif que ce n'est pas à l'athénée à prendre cette décision mais à la tutelle (je résume).
Et donc, la tutelle, c'est à dire le Conseil de l'enseignement de la Communauté flamande (on attend toujours le même courage en Communauté française) a décidé d'interdire le port du voile dans l'ensemble de ces établissements, avec une mesure transitoire pour les écoles du réseau communautaire qui n'avait pas annoncé l'interdiction du port de signes distinctif philosophiques pour cette année scolaire.
Quant à Anvers qui compte 300 écoles, le Conseil de l'Enseignement qui regroupe tous les réseaux d'enseignement (libre catholique, communal, communautaire, provincial) a également statué sur cette interdiction du port du voile à partir du 1er septembre 2010.
Les avis sont partagés pour interpréter le Coran sur le port du hidjab, selon qu'on le lit à la lettre ou dans l'esprit.
Pour les plus fondamentalistes, la "sourate du hidjab" et quelques autres évocations (comme la sourate 24, La lumière, versets 30 et 31) ont valeur d'obligation. "Il n'y a qu'une seule lecture du Coran", la lecture littérale, tant pis si celui-ci a été écrit il y a 14 siècles et que la condition de la femme a changé partout ailleurs dans le monde.
Pour les modérés, il ne s'agit que d'une recommandation à appliquer dans certains cas.
"Si le voile empêche les femmes d'étudier et de travailler, qu'elles l'ôtent et qu'elles restent pudiques. L'islam n'est pas là pour pousser nos filles à l'ignorance ou au chômage." (Soheib Bencheikh, grand mufti de Marseille)
Certaines de ces femmes finissent par quitter ce voile qu'elle considère comme un enfermement, comme quelque chose d'étouffant et disent "La foi, c'est dans la tête, pas sur la tête comme une étiquette" ou "ça arrange les hommes de faire croire que c'est dans les textes." Source
C'est pas fini, c'est pas fini
