Minaret, la mine-arrêt
Par Pierre Kubick le 4 décembre 2009, 10:49 - Reflets - Lien permanent
Ainsi donc la votation suisse a traduit le refus des suisses de voir se multiplier les minarets. Les suisses ont donc voté pour l'interdiction des minarets à 57.5%.
Ce qui a révulsé des pays musulmans et risque de miner les relations de la Suisse avec ces pays.
Il n'existe pourtant que 4 mosquées avec minarets en Suisse actuellement; Suisse qui compte seulement 5% de musulmans.
Notons d'abord que pas plus les clochers des églises que les minarets ne sont obligatoires (le minaret est d'ailleurs inspiré des clochers catholiques). Les dirigeants de plusieurs mosquées belges ont ainsi choisi de ne pas ériger de minaret.
Dans d'autres lieux, des minarets ont été construits en harmonie avec l'architecture locale.
Certes il s'agit d'un vote irrationnel et de peur. Et sans doute faut-il y voir une réaction aux revendications d'un Islam politique : port du voile généralisé, port de la burqa, aux contraintes imposées au femmes, aux mariages arrangés, aux demandes spécifiques en milieu scolaire, etc.
Il n'y a pas à proprement parlé d'entrave à la liberté de culte puisque les musulmans peuvent fréquenter une mosquée.
A noter également les grandes déclarations politiciennes qui me hérissent un peu le poil. En quoi l'absence de minaret empêche- t-elle un musulman de pratiquer sa religion puisque ce minaret n'est pas obligatoire.
Certains condamnent les résultats du vote et la majorité des Suisses qui auraient mal voté.
Faudrait savoir, le référendum est présenté par certains comme l'expression de la démocratie directe. Les mêmes politiques réagissent quand le citoyen s'exprime. On peut utilement se souvenir du non français au référendum sur le Traité Européen.
On pourrait ainsi comprendre cette focalisation sur le minaret, les mosquées n'étant pas visées, comme un stop au communautarisme galopant de certains extrémistes. Un extrémisme en appelant un autre.
Là est sans doute le vrai problème.
