Ah ce sommet de Copenhague !

On allait voir ce qu'on allait voir, 193 pays présents, 130 chefs d'Etat et de gouvernement, des ONG, des journalistes, des experts, des manifestants, bref quelques milliers de personnes qui ont rejoint la ville en avion pour la plupart, y compris des écologistes.

Déjà, on pouvait s'attendre à ce que les pays exportateurs ou grands consommateurs d'énergies fossiles fassent un blocage.

Ensuite l'Union européenne n'a pu s'exprimer d'une seule voix, évidemment, confrontée au bipolarisme entre pays de l'Ouest et pays de l'Est qui veulent continuer à se développer. L'élargissement de l'Europe a été voulu, faut donc assumer.

Enfin les deux plus grands pollueurs, les Etats-unis et la Chine ont bloqué toute possibilité d'un accord ambitieux.

Au hit-parade des pollueurs par habitant, on retrouve donc les Etats-Unis avec 30 tonnes Co2/habitant/an, le Canada avec 20 tonnes Co2/habitant/an loin devant la Chine avec 3,84 tonnes/h/an et l'Inde avec 1,2 tonne/h/an

Par contre, la Chine est le 1er pollueur de gaz à effet de serre par pays en 2007 (24 % de part mondiale), suivi des Etats-Unis (21 %), de l'Europe des 15 premiers pays (12%), de l'Inde (8%), de la Russie (6%).

Faire produire des biens de consommation en délocalisant en Chine présente donc une rentabilité (pour certains) à court terme, permet à la Chine de se développer mais donne un effet climatique désastreux.

Les grands pays émergents ont légitimement fait valoir leurs objectifs de développement pour leur population.

Quant aux Etats-Unis, sans doute faut-il voir dans le refus d'Obama d'un accord contraignant, la volonté de ne pas brusquer le Sénat américain qui aurait mal pris de se voir imposer un accord et qui devait prendre position sur la réforme de l'assurance maladie voulue par Obama.

Et donc un petit accord a été obtenu, manière de dire quelque chose

  • Limitation du réchauffement planétaire à 2°C d'ici à 2050
  • Pas d'objectifs chiffrés de réduction d'émissions de gaz à effet de serre
  • 100 milliards de dollars par an consacrés à l'aide aux pays en développement à compter de 2020
  • Pas de création d'une Organisation mondiale de l'environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun, les contraignant légalement.

On verra quand et comment cet accord sera réellement appliqué.

Nous sommes d'accord pour dire que le développement durable est avant tout une stratégie de croissance écologique qui vise au progrès équitable et à l'amélioration de notre qualité de vie et de notre bien-être en envisageant la durabilité des ressources naturelles, des emplois, des collectivités, des industries....

Et les experts s'accordent sur les priorités.

  • l'eau,
  • les déchets urbains,
  • la question de l'énergie,
  • la question du changement climatique,
  • les OGM,
  • la biodiversité.

Quelqu'un pourra-t-il calculer l'empreinte climatique de ce sommet qui a accouché d'un petit accord insuffisant et évidemment non contraignant ?