Gaza, guerre "plomb fondu" menée par Israël contre le Hamas.

C'était le 27 décembre 2008, cette guerre pris fin le 18 janvier 2009. On dénombra 13 morts côté israélien et plus de 1300 côté palestinien, dont 410 enfants, une centaine de femmes, auxquels s'ajoutent plus de 5000 blessés.

Crimes de guerre donc, dénoncés dans le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone au nom du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, non seulement dans le chef du Hamas pour ses tirs de roquettes contre l'Etat hébreu mais surtout dans la stratégie de guerre adoptée par Israël. En octobre 2009, Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a adopté une résolution condamnant l'absence de collaboration d'Israël à l'enquête de la commission conduite par le juge Goldstone.

Et depuis, Gaza est la plus grande prison à ciel ouvert au monde, comptant 1.500.000 gazaouis, tenue d'une main de fer, tant par le Hamas, mouvement intégriste islamique, que par Israël qui maintient un blocus intransigeant empêchant tout fonctionnement normal de la société et de l'économie. les gazaouis survivent grâce aux nombreux tunnels qui permettent d'introduire des biens...sur lesquels le Hamas prélève sa dime. A noter que l'Egypte, confrontée au même intégrisme islamique, construit actuellement un ligne anti-tunnels en acier, voulant éviter une réussite du Hamas.

C'est le moment qu'ont choisi 4 belgo-israéliens, à l'instigation de l'organisation "Initiative européenne", pour introduire une plainte pour crimes de guerre contre des dirigeants du Hamas devant le Procureur fédéral belge dans le cadre de la loi de compétence universelle.

"Initiative européenne" est une organisation fondée par 3 donateurs voulant garder l'anonymat, enregistrée depuis 1 an à Londres en tant qu'organisation non lucrative et disposant d'antennes à Tel-Aviv, Londres, Rome, Anvers et dont le but est de sensibiliser l'opinion européenne à la situation israélienne. Pour ce faire, l'I.E. compte introduire des actions judiciaires contre des dirigeants palestiniens dans tous les pays où existe une législation identique à celle sur la compétence universelle belge.

Source : LE SOIR 26/12/2009

Une orientaliste et historienne israélienne, vivant à Paris, Esther Benbassa, titulaire de la chaire d'histoire du judaïsme moderne et fondatrice du "Centre Alberto Benveniste d'études sépharades, d'histoire socioculturelle des Juifs et d'histoire comparée des minorités", a publié un opuscule "Etre juif après Gaza" très critique.

Elle considère, évoquant les Juifs de la diaspora, que "la vraie religion des Juifs est devenue la sacralisation d'Israël" car Israël est considérée comme la rédemption de la Shoah elle-même sacralisée.

Elle estime que les Israéliens ont créé un nationalisme, le sionisme, qui les éloigne de leur histoire. Pour elle : "l'Etat d'Israël aurait du rester dans ses frontières, il est devenu un Etat conquérant et avec une conquête de type colonial. Là je crois qu'il y a eu annulation de l'expérience historique des Juifs. C'est cette expérience qui a conduit les Juifs à la modernité, ceux qui avaient participé activement aux mouvements marxistes, aux mouvements socialisants, ceux qui voulaient changer le monde, et leur condition."

Elle regrette que ce nationalisme israélien donne de facto un judaïsme non universaliste.

Pour elle, ce qui est arrivé à Gaza n'est pas une surprise mais la dérive d'une compromission avec l'Histoire, avec sa propre éthique.

Une enquête commandée par "J Street" (lobby juif américain pour la paix au Moyen-Orient créé en 2008 et qui s'oppose à l' American Israel Public Affairs Committee ) et réalisée aux Etats-Unis a montré que plus de 60% des jeunes juifs de moins de 35 ans ne seraient pas choqués par la disparition d'Israël. Le poids des critiques, du soutien à Israël, l'existence d'Israël même posaient trop de problèmes dans la société dans laquelle ils vivent.

Esther Benbassa estime qu'une idée prend forme : "si Israël ne trouve pas une solution à moyen terme et ne rectifie pas son comportement à l'endroit des Palestiniens, alors les Juifs de la diaspora commenceront à s'éloigner d'Israël pour ne pas compromettre leur quotidien. (...) Israël dans la tête des fondateurs du sionisme, c'était un foyer pour les Juifs pour pouvoir faire face à l'antisémitisme, et aujourd'hui l'antisémitisme actuel vient en diaspora à cause d'Israël''

Source : LE SOIR 24/12/2009

A lire également ce billet publié sur le site de L'Union française juive pour la paix ICI