La Belgique est donc à la pointe de la bioéthique en Europe. Tel est l'avis de de Gilles Génicot, avocat au barreau de Liège, maitre de conférence à l'ULg, membre du comité consultatif de bioéthique depuis 2005 et de la Commission "Euthanasie", dans un article du journal LE SOIR daté du 31/12/2009.

Contrairement à la France, l'Italie, l'Allemagne, notre pays avec les Pays-Bas, l'Espagne, le Royaume-Uni a une approche bioéthique plus ouverte, plus tolérante qui "consiste à accompagner les pratiques scientifiques sans les freiner à l'excès et à faire confiance aux intervenants de terrain et à leur déontologie".

Pour G.Génicot : (...) on pratique à merveille l'art du consensus, qui suppose écoute de l'autre , remise en question progressive de certaines certitudes. Nous avons à coeur d'approcher les questions sensibles d'une manière pragmatique, pluraliste, tolérante et non dogmatique (...).

Un exemple dont pourrait s'inspirer une France pourtant laïque mais tellement peu humaniste et peu tolérante, pratiquant une politique de la peur irraisonnée.

La Belgique est donc au top européen, voire mondial, pour son approche humaniste, respectueuse et tolérante envers l'autonomie individuelle.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, avons-nous le droit d'être maitre au non de notre existence, du début à la fin de celle-ci ?

Le pouvoir médico-scientifique n'est donc plus chez nous discrétionnaire mais "susceptible d'un contrôle social, au moyen des grands systèmes normatifs qui charpentent la société, à commencer par le droit d'une part, et la philosophie morale et politique d'autre part. (...) La considération biologique de la vie ne peut suffire pour déposséder l'individu d'une prérogative essentielle, son autonomie et la maitrise de son destin".

Pour Génicot toujours, "dans notre pays, il n'est pas question de soumettre les choix personnels des individus à des principes incantatoires venus d'en haut, que tous ne partagent pas et qu'il n'est dès lors pas légitime d'imposer à quiconque. (...) Chacun est naturellement libre d'adhérer aux valeurs qu'il choisit; le message adressé par notre Etat de droit - qui prime sur les principes moraux et confessionnels - est qu'il n'est pas possible de progresser sereinement dans le débat qui nous occupe (bioéthique) sans respecter les valeurs de tous."

"Chacun est naturellement libre", tout est dit dans cette phrase qui signe une approche sociétale de tolérance et de respect.

Un discours, un état de fait, particulièrement réjouissants pour tout humaniste soucieux de progrès et de la maitrise par chacun de son existence selon ses propres valeurs.

La lumière brille donc même dans les ténèbres !