Le suicide peut être abordé de diverses manières : le suicide "simple" sans contrôle, le suicide assisté sous contrôle d'un tiers, le suicide médicalement assisté en présence d'un médecin.

Ce suicide médicalement assisté diffère toutefois de l'euthanasie telle que pratiquée en Belgique, aux Pays-bas, au Luxembourg. L'euthanasie implique que ce soit un médecin qui injecte le produit létal tandis que dans le suicide médicalement assisté ou suicide assisté, le malade doit absorber lui-même la potion létale.

Différence fondamentale, car l'euthanasie peut être pratiquée si le patient est inconscient mais a préalablement manifesté sa volonté dans un document ad hoc. De plus elle n'est pratiquée qu'en milieu hospitalier.

La Suisse n'a pas dépénalisé l'euthanasie mais a autorisé l'aide au suicide pour autant que cette aide réponde à un mobile altruiste.

Deux associations sans but lucratif sont présentes sur le terrain : EXIT-ADMD et DIGNITAS

EXIT existe depuis 1992 et est présent en Suisse romande et en Suisse alémanique et plaide d'ailleurs pour une dépénalisation de l'euthanasie estimant que celle-ci demeure la seule possibilité dans certains cas. L'association réserve ses interventions à ses membres qui doivent être domiciliés en Suisse romande.

DIGNITAS existe depuis 1998 et en 10 ans a aidé 868 personnes dont 85% d'étrangers à mourir dignement. A la différence de EXIT, DIGNITAS ouvre en effet ses portes aux étrangers. Ce qui choque certains.

Et donc, le Conseil fédéral suisse a décidé d'engager des consultations durant cinq mois sur deux options : soit une règlementation de l'activité de ces associations, soit leur interdiction, l'aide au suicide restant toutefois légale dans le pays.

L'excuse officielle est d'empêcher que l'assistance organisée au suicide ne se transforme en une "activité orientée vers le profit" et s'assurer qu'elle demeure réservée à des malades en fin de vie et reste inaccessible à des personnes souffrant d'une affection chronique ou psychique.

Les autorités veulent ainsi imposer que deux médecins indépendants attestent que la personne concernée est capable de discernement et qu'elle est atteinte d'une maladie physique incurable dont l'issue sera fatale à brève échéance. Un médecin devra également prescrire le produit qui servira au suicide. Avant d'en arriver là, les membres de l'association devront insister auprès du patient sur les alternatives au suicide, comme celle des soins palliatifs.

Ce qui supprimerait, dans les faits, le droit des patients à l'autodétermination.

Les deux associations ont réagi fortement. Difficile de parler d'un "tourisme de la mort" quand on sait qu'en 2006 EXIT a aidé 216 personnes à mourir et DIGNITAS, 138 personnes.

Dans le cadre de ce débat on voit refleurir l'escroquerie intellectuelle qui consiste à parler de "projet de vie" opposé à un "projet de mort".

Comme la mort fait partie intégrante de la vie, - c'est bien un processus mortel, inscrit dans nos gènes, entamé dès la naissance qui fait que nous ne sommes pas immortels - scinder les deux et concevoir qu'un projet de mort puisse exister relève d'un dogmatisme religieux qui postule que la mort est, somme toute, propriété d'une puissance supérieure et que nous ne sommes que les "locataires" également de notre vie. Point.

Il s'agit donc bien d'imposer une conception religieuse à tous. Encore et toujours !

Est-ce bien à l’Etat de contrôler le suicide de ses administrés et donc leur détermination philosophique ?

Le président d'EXIT, Jérôme Sobel, ne s'y est pas trompé qui prévient qu'une modification de la loi actuelle entrainera le dépôt immédiat d'un référendum: "On fait fi de la volonté populaire, ça ne se passera pas comme ça." Voir ICI