Désir sexuel hypoactif
Par Pierre Kubick le 4 février 2010, 09:43 - Reflets - Lien permanent
Ne dites plus, mesdames, "pas ce soir, j'ai la migraine", mais "mon désir sexuel hypoactif m'empêche de répondre à tes attentes".
Et de savoir qu'il s'agit d'un trouble mental, dûment estampillé DSM IV et V en 2011, cela vous rassure, n'est-il pas ?
Le DSM-IV (Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux) définit spécifiquement le trouble du désir sexuel hypoactif comme étant le déficit ou l'absence persistante et répétée de fantasmes, d’ordre sexuel et de désir d’activités sexuelles.
D'accord, d'accord, "trouble mental" cela fait un peu mal la première fois, mais cette pénétration fine de votre désir sexuel (ou plutôt d'absence de désir sexuel) va vous permettre enfin de ressentir du plaisir : savoir que si c'est un trouble, une maladie, cela implique un possible traitement. Orgasmique, non ?
L'orgasme, en tout cas, ce sont les industriels du médicament qui l'ont eu, eux qui pèsent de tout leur poids sur le corps du DSM pour amener celui-ci à toujours mieux répondre à leur désir.
Lors de sa sortie en 1952, ce pur produit de la psychiatrie américaine recensait 60 pathologies. La dernière mouture de 1994 en compte 410, nombre qui devrait encore augmenter avec la sortie en 2011 de la version V. A noter que le DSM est régulièrement mis en cause pour, notamment, sa volonté à médicaliser nos émotions.
Le timide est ainsi, par exemple, devenu en 1980, un malade souffrant de "phobie sociale" avec évidemment une réponse médicale passant par l'absorption de psychotropes pour y remédier.
Il en va de même pour le trouble du désir sexuel hypoactif.
Une firme allemande est en train de finaliser un "viagra féminin" (flibansterine) , mais qui lui fonctionnerait non pas comme un vasodilatateur qui agit sur le flux sanguin alimentant les corps caverneux de l'organe érectile masculin (!), mais interviendrait directement sur le système nerveux central en stimulant la dopamine, active dans le désir.
Vous êtes des favorisées quand même, hein mesdames. L'homme avec son viagra doit encore avoir une libido pour avoir un résultat mécanique, alors que vous, ce sera carrément la libido que la flibansterine va vous booster.
Un autre blog que celui-ci vous parlerait de "pilule miracle" !
Source : Le Soir du 01/02/2010, article inspiré (copié en grande partie) d'un article paru dans Le Temps du 15/01/2010
Pour en savoir plus : ICI
Ou alors vous cherchez dans Google, hein.
Je fais mienne cette pensée de Mireille Baumgartner, citée dans Le Temps : "La sexualité est un art corporel, qui s’apprend. Les femmes sont souvent déçues de découvrir qu’aucun prince charmant ne va leur en apporter la révélation sur un plateau."
