Des parents se sont émus de lectures "osées" proposées dans le secondaire, notamment les livres "Je vais bien, ne t'en fais pas" et "La nuit des enfants rois", livre proposé depuis 20 ans !!.
Combien de parents, dans un établissement précis, de la même association ?? De tout cela vous ne saurez rien. Juste que "des parents ont été choqués du caractère osé de certaines lectures".
Là dessus , la ministre a sorti une circulaire fixant une ligne de conduite à suivre par les enseignants dans le choix des livres conseillés.
(...) "Sans toutefois faire preuve de pudibonderie excessive, il convient évidemment d'éviter des livres qui centrent de manière gratuite leur contenu sur l'érotisme et la pornographie". dit la circulaire.
Pas de pudibonderie excessive certes, mais pudibonderie quand même vu l'expression. On peut également penser que dès lors qu'il s'agit d'éviter des livres qui centrent leur contenu sur l'érotisme et la pornographie, les enseignants devront mettre à l'index les diffuseurs des émissions de la télé-réalité poubelle comme « Trompe-moi si tu peux » (M6), Secret Story (TF1), Dilemme (Plug RTL), "Tout pour plaire" (RTL) et en déconseiller la vision. Autant aller au bout de la démarche critique.
(...) " Dès lors, d'une manière générale, le professeur ne proposera pas des textes qui s'inscrivent dans le registre de mauvais goût, en sachant que la notion de "goût" est discutable et que, pour séparer le bon grain de l'ivraie, l'élève doit souvent être confronté à la fois à des valeurs reconnues et à des situations peu exemplaires."
En résumé, pas de mauvais goût car à chacun son mauvais goût mais faut goûter de tout pour construire son sens critique. Que les enseignants se débrouillent pour amener les élèves à avoir un regard critique sur la pornographie par exemple.
Tenez, moi par exemple, je trouve de très mauvais goût de vouloir instaurer une austérité économique qui revient à pénaliser les gens deux fois pendant que les responsables de la crise profitent. Regarder des gens se faire enculer deux fois et à sec, c'est de la pornographie, non ?
Bien entendu, "en aucun cas, il ne peut être question d'exercer une forme de censure, quelle qu'elle soit, ni de céder à la pression de récriminations guidées par des courants intégristes, d'où qu'ils viennent."
Ouf, la pédagogie est sauve ! Bien, mais je fais quoi avec le livre de Karima « Insoumise et dévoilée » ?
Il est conseillé aux enseignants de lire attentivement les livres qu'ils proposent, d'expliquer leur choix en évitant de vaines provocations ou polémiques (c'est foutu pour Karima !) et de "discuter régulièrement de ses choix de livres avec les différents partenaires et acteurs de l'établissement et éventuellement avec un spécialiste du développement psychoaffectif de l'enfant et de l'adolescent."
Dans les différents partenaires, il y a bien les parents, non ? L'enseignant devrait donc discuter régulièrement avec les parents du choix des livres proposés ?
Enfin, (...) "Il est en effet inutile de heurter d'emblée les publics scolaires et les parents par des oeuvres qui, pour être d'un réel intérêt artistique, sont perçues a priori par les destinataires comme relevant d'une démarche amorale ou immorale."
- Démarche amorale : démarche qui est étrangère à la morale.
- Démarche immorale : démarche qui est contraire à la morale.
D'accord, mais de quelle morale s'agit-il au juste en matière sexuelle ? S'agissant de l'école officielle, il existe des cours de morale laïque, de morale catholique, de morale protestante, de morale juive, de morale islamique, et bientôt (en 2011) de morale bouddhiste.
In cauda venenum, ! Faute de pouvoir définir le mauvais goût, l'enseignant doit donc avoir le bon goût de demander l'avis préalable des parents sur son choix de livres parce que, comprenez-vous bien, horreur et damnation, il ne faut pas heurter les parents ou les élèves. Surtout ne pas heurter !
Un "judicieux" principe de précaution qui doit amener une non moins "judicieuse" augmentation de l'auto-censure et une justification permanente chez des enseignants considérés, en filigrane, incapables de faire leur choix de livres avec toute l'intelligence didactique et la précaution nécessaires.
On est dans le registre de la "gouvernance émotionnelle" qui pond des circulaires absconces en réponse à "l'émotion" de quelques-uns.
La ministre n'a pas pensé à rendre des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle systématiques dans les écoles, tous réseaux confondus ??
