L'archevêque Léonard - dont Le Soir rapporte quelques propos distillés au Cercle de Lorraine le 24 février 2011- a de la sexualité et de la démocratie, une certaine idée.

Pour lui : la sexualité, par définition, repose sur la complémentarité, la distinction du féminin et du masculin...Ce qui permet la rencontre, l'union dans le couple et la transmission de la vie. La tendance sexuelle à se tourner vers une personne du même sexe n'est pas dans cette "cohérence" logique.

Au sens biologique, la sexualité permet la reproduction de l'espèce.

Mais la sexualité ne se résume évidemment pas, comme le pense l'église catholique romaine, à de simples copulations en vue de la reproduction.

Il existe aussi des composantes érotiques, culturelles. Même certains mammifères évolués utilisent leur sexualité pour se donner du plaisir. Un peu d'éthologie permettrait sans doute au prélat de s'en rendre compte, lui dont le discours reste confiné dans une lecture réductrice de la sexualité et donc ...de la femme.

Et donc les lois de bioéthiques sont autant de coups de canifs dans le dogme.

Les lois sur le mariage entre homosexuels le hérissent : ""D’accord que l’on prévoie pour les couples de même sexe une certaine sécurité économique mais pour moi, parler de mariage reste un abus de langage et un abus démocratique. Le Parlement n’a quand même pas une autorité métaphysique et anthropologique !"

Un abus de majorité démocratique !!

La sexualité reste décidément un très gros problème au sein de l'église, au point de vouloir cacher à tout prix par ailleurs les crimes répréhensibles de ses prêtres pédophiles.

On notera que l'abus de majorité démocratique ne semblait pas le hérisser ainsi que l'église catholique belge tant qu'il y avait une majorité démocratique pour ne pas voter de lois sur le droit à l'avortement, à l'euthanasie, à la fécondation in-vitro, etc, etc

On notera également que le mariage est une reconnaissance légale, dans un Etat de droit, de l'union de deux citoyens qui décident de partager leur vie, et qu'il ne peut y avoir d'inégalité entre les citoyens, quels qu'ils soient, constitutionnellement parlant.

Est-ce que l'Etat s'occupe des conditions d'accès aux mariages religieux ?? Non, ben alors !

Si le Parlement n'a pas d'autorité métaphysique, est-ce à dire que les parlementaires qui ont voté ces lois n'ont pas de valeurs morales ? Et que la majorité de citoyens qui les ont élus sur base d'un programme électoral n'en ont pas non plus ?

Et donc que seules les églises et singulièrement l'église catholique majoritaire en Belgique (au nombre de baptisés et certes pas de pratiquants), auraient l'autorité pour décréter LA vérité sur l'Homme !!

L'autorité anthropologique est évoquée. Il ne s'agit évidemment pas de la science anthropologique, mais de l"anthropologie chrétienne qui appartient à la théologie. Expression employée par Jean-Paul II qui en explique le sens : ""Nous devons nous replacer dans le contexte du "commencement" biblique où la vérité révélée sur l'homme comme "image et ressemblance de Dieu" constitue la base immuable de toute l'anthropologie chrétienne."

Et pour l'église catholique, la loi positive (traduisez les lois votées au Parlement issues des seules passions des électeurs) est la négation de la loi naturelle  " une loi non écrite qui est une participation de la raison à la lumière de la loi éternelle"

On trouvera ICI une très belle explication de cette notion de loi naturelle et de ses racines anthropologiques et métaphysiques évoquées par le prélat.LIre également les 3 notions de la justice selon la doctrine catholique.

C'est très curieux quand même, cette lecture de la démocratie qui  subordonne le fonctionnement du parlement à l'autorité religieuse.

Difficile pour une église de ne plus avoir le pouvoir d'influencer les lois à sa convenance !!