Depuis 1975, ces Ucclois passent leurs congés de Pâques et des étés à la côte belge, traduisez impérativement la Vlaamse kust (côte flamande).

Ils étaient propriétaire depuis juin 2000 d'un appartement à Coxyde mais la famille s'étant agrandie, madame étant proche de la retraite et le mari ayant la majeure partie de sa clientèle en Flandre, ils décident d'acheter une maison dans la même commune. En octobre 2009, une agence immobilière leurs fait signer un compromis de vente, ils paient un acompte, mettent en vente leur appartement. Tout roule.

Et puis tout s'arrête brutalement au moment de passer les actes chez le notaire. La commission d'évaluation provinciale de Flandre Occidentale refuse son accord pour l'achat de la maison, sans toutefois motiver sa décision

Car depuis mai 2009, le décret "Wonen in eigen streek" (vivre dans sa propre région) est d'application dans 69 communes flamandes. Et ce décret stipule qu'un compromis de vente doit être assorti d'une clause suspensive liée à l'obtention de l'autorisation provinciale dans les 60 jours. Cette autorisation est attribuée pour autant que le candidat acheteur satisfasse à au moins un critère sur 3. A savoir soit être domicilié durant six ans de manière ininterrompue dans la commune (ou entité limitrophe reprise sur la liste des 69 communes), soit travailler au moins à 1/2 temps dans la commune, soit avoir noué avec la commune un lien professionnel, familial, social ou économique important et de longue durée.

Que le couple soit propriétaire d'un appartement depuis 2000 sur la commune ne semble pas être un lien social et économique important et de longue durée.

Le couple envisage dès lors de passer la frontière française, située à quelques vagues de Coxyde.

Décidément, le nationalisme flamand avait déjà fait parler beaucoup de lui au niveau européen (Wooncode, non-nomination de bourgmestres dans la périphérie bruxelloise, limitation des droits des francophones de la périphérie, etc etc).

Qu'il y ait atteinte au droit de propriété et limitation de la liberté individuelle ne semble guère impressionner les politiques qui ont voté le décret même si celui-ci irrite d'ailleurs en premier lieu des propriétaires flamands qui ont introduit un recours devant la Cour constitutionnelle.

Pauvre Flandre !!