Une bonne chose de faite, me voilà apostat. J'ai donc, comme repris sur l'extrait de baptême, "fait défection de l'église et de la foi catholique".
Vous noterez le mot catholique dans la mention.
Il y a très longtemps que je m'étais détourné de la foi catholique. Très exactement après être passé sur les genoux de l'abbé D. , comme les autres enfants de choeur de ma paroisse d'ailleurs. L'abbé avait en effet la fâcheuse tendance à confondre "faire porter un cierge par les acolytes" et "se faire frotter le sien par le derrière de ceux-ci". Je n'ai pas su s'il allait plus loin avec mes copains, une descente particulièrement musclée de ma mère chez le doyen, quand je lui ai annoncé que je n'aimais pas ce passage obligé par les ecclésiastiques genoux, a mis fin à ma carrière religieuse mais pas à celle du vicaire qui fut simplement déplacé et protégé par un bienveillante protection hiérarchique.
J'ai, à cette occasion, reçu une illumination (si, si). Ma crédulité obtenue à grands renforts de bourrage de crâne d'enseignement religieux fit place à un esprit critique dont je me félicite, depuis lors, de la constance et de la radicalité.
Si les oints téléphonistes patentés se comportaient comme des malfrats en contradiction avec la très haute prétendue tenue morale d'essence divine qui était, disaient-ils, la leur, alors c'est qu'il y avait un bouchon dans les tuyaux voire pas de tuyaux, et donc pas d'essence divine.
Telle fut, résumée brièvement, ma conviction de l'époque, renforcée depuis d'année en année. Je fis mienne cette devise, en contradiction totale avec le dogme : Ce n'est pas le titre ou la fonction qui honore l'Homme, mais la façon dont il la remplit. Exit les titres religieux synonymes d'obéissance aveugle.
Le scandale actuel de l'église catholique belge qui fait apparaitre +/- 600 plaintes pour crimes sexuels de la part de prêtres (plaintes en progression) et qui montre que l'église catholique se considère encore au-dessus des lois belges (voir billets précédents), m'a amené à faire une croix sur un embrigadement souhaité par mes parents.
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Car, au vu de la multiplication des scandales pour pédophilie urbi et orbi, c'est bien d'un problème structurel propre à l'église catholique romaine dont il faut parler. Son approche dogmatique de la sexualité est en rupture totale, non seulement avec une démarche existentielle plutôt hédoniste (et il n'y a pas d'hédonisme sans connaissance de soi et des autres), mais également avec l'approche neurologique et hormonale du corps humain.
Ce qui me choque, c'est l'abime qui existe entre la prétention vaticane d'être au-dessus des lois communes, de morigéner l'humanité entière avec des leçons de morale et de morale sexuelle mortifère, et la réalité qui reflète la dérive de nombreux prêtres ainsi que la volonté de l'institution de se protéger pour ne pas ternir son image, au mépris des victimes.
La foi est affaire de conviction intime. Nul besoin d'une structure hiérarchisée pour travailler les valeurs qui nous meuvent.
