Calepin de pierre

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Une circulaire bienvenue

Oui, la circulaire n°3455 envoyée le 9 février par la Direction générale de l’enseignement à toutes les directions et à tous les pouvoirs organisateurs des écoles secondaires est la bienvenue.

Que certains s'en irritent,  comme ils s'irritent d'une éducation sexuelle et affective, de la distribution gratuite de préservatifs à des adolescents, est une chose,.

Que certains médias en présentent une lecture tronquée et tendancieuse en est une autre.

Parce que, le titre en couverture du Soir "une circulaire pro-IVG envoyée aux écoles " semble au minimum inadéquat.

Résumons, le CAL a établi un dossier pédagogique sur la question de l'avortement en Belgique et sur la loi qui autorise un avortement dans certains cas et certaines conditions. Source

On est donc clairement dans une information sur le droit à l'avortement, dans le cadre d'un échange entre enseignants et étudiants.

Comment aider un élève à devenir un citoyen à part entière dans le cadre du décret-mission s'il n'est pas possible de l'informer des lois existantes sur des sujets éthiques sensibles.

Le dossier pédagogique est quasi exclusivement centré sur la connaissance de la loi. Je n'ai pas lu que les auteurs recommandaient l'avortement comme LA solution à une grossesse non-désirée ou faisaient du prosélytisme pour y avoir recours.

Le journaliste du Soir estime, dans son article, que "en toute logique, les autres cultes reconnus seraient donc en droit de diffuser leur vision de l'IVG à l'école".

C'est oublier qu'il existe des cours de religion pour ce faire.

Manifestement cette loi dérange, encore et toujours après 20 ans, et que le CAL doivent pallier l'absence d'une information citoyenne par l'enseignement secondaire en proposant un dossier pédagogique qui informe les adolescents de leurs droits n'est pas tendancieux mais démocratique, simplement.

Si rappeler la loi ou la faire connaitre est inapproprié dans l'enseignement , alors que peut-on encore faire et qui va le faire ?

IVG

Fallait que je vous parle des escroqueries intellectuelles des adversaires de l'IVG.

L'archevêque André Léonard parle d'enfants en croissance qui seraient tués. Les adversaires de l'IVG parlent également d'enfants non-nés.

La loi sur la dépénalisation partielle de l'avortement implique l'absence de poursuites pénales pour autant qu'une IVG intervienne avant 12 semaines maximum (sauf cas de péril grave) entre la fécondation et l'avortement, sans compter que la femme doit se trouver en situation de détresse.

Et en Belgique, actuellement la personnalité juridique est accordée au fœtus au-delà de 180 jours de conception et non dès la naissance. Une IVG a donc lieu sur des embryons, considérés comme ""matériel corporel humain". Oui je sais la formulation est abrupte bien que légale.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle des groupes religieux par le biais d'une loi visant à humaniser le deuil des couples confrontés à la perte d’une grossesse projettent en réalité d’humaniser le fœtus à partir de 12 semaines pour éviter une augmentation du délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée.

Mais l'archévêque joue sur le registre émotionnel et préfère évidemment parler d'enfant plutôt que d'embryon.

Le nombre d'avortements est en hausse constante.

Le nombre quasi constant d'IVG est de +/- 18.000/an en Belgique. Et si ce nombre a augmenté c'est en corrélation avec le nombre de curetages qui a diminué, depuis le remboursement par l'INAMI de l'IVG.

Pour Dominique Roynet, gynécologue et administratrice du Groupe d'actions des centres extrahospitaliers pratiquant des avortements, ce nombre devrait d'ailleurs rester constant.

Une Commission d'évaluation de la loi, composée de 16 membres nommés dans le respect de la parité linguistique et de la représentation pluraliste est chargée d'évaluer tous les deux ans l'application et l'impact de la loi. C'est à cette Commission que les médecins et les établissements de soins pratiquant l'IVG doivent envoyer leurs documents d'intervention.

Les centres de Planning Familial subventionnés par l’Etat sont en réalité des avortoirs où la femme est abandonnée à sa douleur avec pour seule solution à sa détresse le meurtre de son enfant (Source)

La femme est reçue par des professionnels de la santé qui font le point avec elle sur sa détresse, envisagent les solutions possibles, lui explique les méthodes de l'IVG. La loi impose alors un délai de six jours au moins après cette consultation pour que la femme dispose d'un temps de réflexion nécessaire pour confirmer ou non sa décision.

Lorsqu'une femme décide d'interrompre sa grossesse, elle le fait toujours dans un contexte de détresse qui ne permet à personne de la juger. Elle a le droit d'être respectée. Personne ne peut décider à sa place et personne n'a le droit de l'influencer dans un sens ou dans l'autre. Personne d'autre qu'elle ne peut disposer de son corps.

La loi sur l'IVG serait le résultat d'une "culture de mort".

Faut-il vraiment relever l'argument utilisé par ceux qui suivent les dogmes d'une religion dont un crucifié est le symbole et qui font de la souffrance (rédemptrice) une valeur fondamentale ?

Les centres véritablement féministes sont ceux qui se battent pour la dignité de la femme en les accompagnant dans leur choix de la Vie.

Ben non, les véritables féministes sont ceux/celles qui se battent pour la dignité de la femme et de son droit inaliénable à disposer de son corps comme ELLE l'entend. Remarquez d'ailleurs la rhétorique utilisée : il n'est pas dit accompagner la femme dans son choix de vie mais dans son choix de la Vie (majuscule à "vie" of course). Subtil.

"Nous voulons aussi témoigner pour toutes ces femmes qui ont été contraintes d'avorter" a précisé l'organisateur de la marche anti-IVG.

Il y a toujours des âmes bien intentionnées, surtout à leur profit,  qui veulent témoigner pour une "majorité silencieuse" qui ne leur à rien demandé.

L'église catholique romaine est contre l'avortement, mais aussi contre les cours d'éducation sexuelle, contre le préservatif, contre la pilule, contre la pilule "du lendemain".  Alors quoi ???

Anti IVG de retour

André-Joseph Leonard vient à peine d'être nommé archevêque et déjà une marche anti-IVG à son actif.

Ce dimanche a eu lieu une marche anti-avortement, à Bruxelles. +/- 600 participants, avec évidemment une belle représentation de mouvements d'extrême-droite (mouvements pro-vie, militants anti-ivg, CDF, Action pour la famille, Belgique et Chrétienté, nationalistes flamands, etc selon LE SOIR).

André-Joseph Leonard, interrogé par la RTBF sur sa présence à la manifestation et sur cette proximité avec l'extrême-droite n'y voit aucun problème. Pour lui, ce serait ne pas agir qui serait désastreux.

L'initiateur de la marche, Michel de Keukelaere, étudiant en droit et président du collectif « Marche pour la Vie – Bruxelles 2010 », donne son point de vue sur l'avortement dans une interview au "Cri du Kot", dont le rédacteur en chef n'est autre que Antony Burckhardt, l'organisateur de la marche.

Morceaux choisis

  • * "En 1990, la loi Lallemand-Michielsens légalisait l’avortement en Belgique. Depuis cette date, toute une partie de la population de notre pays a été éliminée de façon systématique. Ce sont trois cent mille enfants non-nés qui ont été jetés à la poubelle.
  • * "En plus de violer le droit de l’enfant à naître l’Etat belge a permis le viol de l’intégrité physique de la mère : le corps de la femme sanctuaire de vie a été profané pour devenir un lieu de mort".
  • * "D’autre part, les centres de Planning Familial subventionnés par l’Etat sont en réalité des avortoirs où la femme est abandonnée à sa douleur après s’être vu proposé pour seul solution à sa détresse le meurtre de son enfant. A contrario les centres véritablement féministes, ceux qui se battent pour la dignité de la femme en les accompagnants dans leur choix de la Vie, sont abandonnés financièrement".
  • * "Nous avons fait le choix d’une manifestation laïque et apolitique."'

Il signale toutefois avoir le soutien de personnalités politiques : Rocco Buttiglione, Vice-Président de la Chambre des représentants en Italie (NDLR "« la famille existe pour permettre aux femmes d'avoir des enfants et d'être protégées par un homme qui prenne soin d'elles », Carlo casini, Président du Mouvement Européen pour la Vie, Anna Zaborska, parlementaire européen d’origine slovaque ( connue pour ses positions anti-avortement et sa proposition d’interner les homosexuels dans des hôpitaux psychiatriques - Libération du 24 juillet 2004), Ari vatanen (Nous ne pourrons pas construire une société meilleure, si nous la construisons sur le "sable mouillé des larmes des enfants non nés") mais la marche est apolitique bien sûr.

En face, une petite contre-manifestation, comprenant le Front antifasciste et les représentants des plannings familiaux, dénonçaient la démarche des « pro-vie ». Parmi eux, des personnalités politiques comme Jean-Claude Defossé (Ecolo), Karine Lalieux (PS) et Christie Morreale (PS) qui s'opposent à une remise en cause de la loi dépénalisant l'avortement votée en 1990. Source

L'enfant non-né (un concept) est donc au coeur du mouvement anti-ivg, ainsi que la protection des femmes qu'on " laisse confrontées à l'avortement seules dans leur détresse plutôt que de les aider". 

Comprenez : qu'il faut obligatoirement convaincre d'aller au bout de leur grossesse forcée, évidemment.

Quant à André-Joseph Leonard, il pose clairement un acte politique comme archevêque, rémunéré par l'Etat belge, en participant à une marche dont la raison d'être est de revenir sur une loi démocratiquement votée par des élus du peuple belge.

Se battre pour un dogme, la "Vie", ce n'est pas se battre pour l'humain. Et la phrase "le corps de la femme a été profané (...)" montre bien que l'humain n'est pas le centre du débat.

Profaner : violer le caractère sacré d'un lieu ou d'un objet de culte.

Faut que je revienne sur les escroqueries intellectuelles relevées à l'occasion de cette marche.


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