Jessica Bily, qui répondait d'un infanticide, a donc été acquittée par le jury de la Cour d'Assises de Mons au motif de la "force irrésistible", à savoir qu'elle souffrait d'un déni de grossesse.
Le déni de grossesse est une maladie qui se caractérise par l'absence de conscience d'être enceinte.
Non seulement la femme ne sait pas qu'elle est enceinte, mais son corps lui-même ne manifeste pas les signes habituels de la grossesse. Il n’y a pas de "ventre", pratiquement pas de prise de poids, ni de masque de grossesse. Les femmes ne sentent pas bouger le bébé. L’aménorrhée caractéristique de la grossesse est elle même souvent transitoire ou même totalement absente (autrement dit, il y a des règles ou des saignements génitaux pendant la grossesse).
Ce n'est qu'au moment de l'accouchement que la femme se rend compte qu'elle était enceinte. Cette irruption subite et brutale d'un enfant peut alors occasionner un état de stress aigu qui peut provoquer des pulsions de mort et/ou une amnésie totale quant à l'accouchement.
En général l'entourage ne se rend compte de rien, y compris même dans certains cas un professionnel de la santé.
Si la pulsion de mort aboutit, on parle d'infanticide (crime qui expose à 30 ans de réclusion).
Les jurés ont donc considéré que Jessica Bily ne disposait plus de son libre arbitre au moment des faits. L'avocat général lui-même estimait que : « L'état de stress engendré par l'accouchement a engendré un état de stress incommensurable qui constitue une cause de justification ».
Faut dire qu'en janvier 2009, trois mois après son arrivée à la prison de Mons, Jessica Bily avait accouché dans sa cellule d'un second enfant, alors que ni elle, ni le personnel pénitentiaire, ni ses codétenues ne s'étaient rendu compte qu'elle était à nouveau enceinte.
Le président de la Cour d'Assises, Jean-Francis Jonckheere, a présenté, avec une rare humilité, ses excuses à Jessica Bily. « A travers vous, j'adresse aussi mes excuses à une autre femme comparue il y a vingt ans et qui, dans les mêmes conditions que vous, a donné la vie à un enfant. Nous n'y connaissions rien et nous n'avions rien compris. Elle a été condamnée. Vous sortez libre et j'ai confiance »
Une justice qui fait honneur !
