La majorité fédérale a donc décidé de proposer à la chambre un texte (qui devrait être voté en avril) sanctionnant le port de la burqa et du niqab en Belgique.
Toute personne qui se présente, dans les lieux accessibles au public, "le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie, de manière telle qu'elle ne soit pas identifiable", sera passible d'une amende de 15 à 25 euros et/ou d'un emprisonnement de 1 à 7 jours.
Ce texte ne concerne pas évidemment les vêtements de travail et/ou de protection (motards, pompiers, ...). Il prévoit la possibilité pour les communes de sanctionner les contrevenants par des amendes administratives.
Encore une fois, notons que ni la burqa ni le niqab ne sont islamiques. Ce sont des signes tribaux . Et les femmes qui portent ce vêtement en Europe ne le font pas par tradition, puisque ce sont souvent de jeunes européennes converties qui le portent par idéologie.
La grande majorité des musulmans en Europe n’est d'ailleurs pas favorable au voile intégral.
Elisabeth Badinter, dans une interview au Soir du 20/03/2010 se réjouit de voir la Belgique interdire le voile intégral.
Si on évoque souvent des questions légitimes de sécurité, mais aussi de tradition européenne qui veut que l'on se montre à visage découvert, Elisabeth Badinter y ajoute sa réflexion. Pour elle, "porter le niqab, c'est refuser la réciprocité. La femme ainsi vêtue s'arroge le droit de me voir, mais me refuse le droit de la voir. Il y a là un mécanisme pervers, une manifestation de puissance sur l'autre incompatible avec le principe de fraternité."
Et comme beaucoup d'autres, elle considère que le débat sur la burqa et le niqab ne doit pas déboucher sur une banalisation du hijab (voile islamique). L'accepter (le hijab) reviendrait pour elle à jouer le plus mauvais des tours aux jeunes femmes qui luttent pour qu'on ne leur impose pas. Elle relève que les partisans du voile brandissent volontiers la liberté constitutionnelle de manifester leur religion. Une liberté qui a bon dos quand il s'agit de perpétuer des traditions archaïques qui n'ont rien à voir avec le culte.
Pour mémoire, seules 2 sourates traitent du "voile" : la sourate XXIV, verset 31 et la sourate XXXIII, verset 59. Aucun n’évoque explicitement le port d’un voile sur la tête. Le mot traduit par « voile » dans ce cas est le mot arabe « khimar » qui signifie « mante » ou « mantille ».
L'obligation du port du voile est donc la conséquence du sens donné par les traditionalistes à certains termes coraniques, dont aucun ne réfère explicitement aux cheveux. Et donc les prises de position modernistes de nombreux musulmans qui considèrent que le voile n'est pas une obligation coranique. Le Coran n'imposant pas le voile, mais la pudeur.
C'est aussi l'avis de Fatoumata Sidibé (Le Soir du 23/03/2010), députée bruxelloise, titulaire d'un master en communication et ex-présidente du comité belge de Ni pute, Ni soumise : "le voile est le symbole d'un projet politique totalitaire".
