La dérive xénophobe, populiste, voire raciste du gouvernement français dans ses discours et sa politique d'expulsion de Roms a interpellé 337 députés européens (socialistes, libéraux, Verts, Communistes) qui se disent vivement préoccupés par la vague de stigmatisation des gens du voyage et par le dénigrement général des Tziganes dans le discours politique français.

Ils ont donc voté une résolution non contraignante, et rejeté celle du PPE, dans laquelle le Parlement européen se déclare « vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d’autres Etats membres à l’encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion ».

« Cette attitude est allée de pair avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tziganes dans le discours politique, poursuit le texte. (…) Le droit de tous les citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans toute l’Union constitue un pilier de la citoyenneté de l’Union telle qu’elle est définie par les traités ».

Le texte demande "instamment" aux autorités françaises de "suspendre immédiatement ces pratiques".

Le gouvernement français,  a quant à lui estimé que "Le Parlement européen est sorti de ses prérogatives et nous n’avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique".

On retiendra également que le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, a estimé que "la rhétorique politique actuelle contre les Roms rappelait des termes utilisés par les nazis et les fascistes". Il a, dans un deuxième temps, précisé sa pensée "des représentants du gouvernement français ont échoué à établir une distinction claire entre la communauté rom dans son ensemble et certains de ses membres auteurs de délits".

Le chef de file des libéraux, le belge Guy Verhofstadt, a mis en garde contre la "tentation populiste, parfois raciste", qui s'exprime selon lui en France et dans d'autres pays de l'UE. Le chef de file des socialistes, l'Allemand Martin Schulz, a quant à lui dénoncé "une chasse aux sorcières" contre les Roms.

Et en août, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale avait rappelé la France à l'ordre, l'exhortant à "éviter" les renvois collectifs de Roms et les "discours politiques discriminatoires".

Il fallait que cela fut fait. Les Roms représentent, avec 12 millions de personnes, la plus grande minorité ethnique en Europe. Leur  discrimination est tant explicite (racisme, appels à la violence...) qu'implicite (difficultés d'accès à l'éducation, mauvaise couverture sociale...). L'Union européenne a débloqué des fonds pour soutenir leur intégration mais les Roms demeurent souvent exclus et discriminés.

On ne peut pas vraiment dire que le président aux talonnettes sorte grandi de cette affaire.