Nicolas Sarkozy est un homme susceptible, très. Et son pouvoir lui sert à satisfaire un ego démesuré.
Le dernier exemple en date est cette chiure du web qui fut postée par un anonyme sur un blog hébergé par le "Journal du dimanche", annonçant que le couple présidentiel français battait de l'aile avec amant(e) à l'appui.
Rien de confirmé, une rumeur franco-parisienne.
Vous dire l'ire présidentielle !!
Tout commence début mars. La rumeur lancée est reprise par les journaux anglais. Elle est aussitôt démentie par Nicolas Sarkozy. Les journaux français passent à autre chose. Normalement la rumeur retourne dans les bas-fonds.
Petite cause grand effets.
Le propriétaire du JDD, grand ami de Nicolas "démissionne" le responsable de Newsweb, et un employé chargé de faire de l'audience (ben c'était réussi hein !) et suspecté d'avoir lancé la rumeur. Cela aurait dû en rester là, que nenni !
Le 28 mars, la société éditrice du JDD finit par porter plainte contre X pour "introduction frauduleuse de données dans un système informatique"
Le parquet, sous la houlette du très estimé (par l'Elysée) Jean-Claude Marin, le procureur du procès Clearstream qui a fait appel de la décision acquittant Dominique de Villepin, le parquet donc a décidé d'ouvrir une information judiciaire.
Rachida Dati est soupçonnée d'être l'instigatrice d'un "complot organisé" selon les termes du conseiller de l'Elysée Pierre Charon, qui signale que "nous faisons de cette ignominie un casus belli". Le conseiller général de l'Elysée, Claude Guéant en remet une couche et déclare que "Rachida Dati est persona non grata à l'Elysée". Laquelle s'était vue retirer le bénéfice d'une Peugeot 607 ainsi que l'escorte de trois policiers restés à sa disposition depuis son départ du gouvernement.
Là dessus, des parlementaires UMP montent au front pour défendre Rachida Dati qui réplique sur les ondes de RTL.
Attendez, ce n'est pas fini.
A son tour la première dame, en son nom et au nom de son mari, se fait interviewer sur Europe 1 et affirme qu'aucune enquête de police n' a été diligentée.
Pas de bol, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, a confirmé le même jour que ses services ont bien «mené une enquête pour déterminer l'origine des rumeurs qui se sont propagées sur Internet concernant la vie privée de Nicolas Sarkozy et celle de Carla Bruni». Services qui jurent que depuis le 2 mars, ils n'ont pas procédé à des écoutes téléphoniques. Mais ils faisaient quoi alors pour déterminer l'origine des rumeurs ???
Etre président de la république, c'est un métier qui ouvre des portes !
On en est arrivé à un complot, une tentative de déstabilisation, pas moins, de la France et donc le recours aux services du contre-espionnage.
Là dessus, oui je sais, cela commence à faire beaucoup, c'est l'opposition qui s'en mêle, de même que des députés UMP, estimant que ce spectacle est grave, euphémisme s'il en est dans un contexte socio-économique qui devrait, en principe, requérir toute l'attention du vibrionnant et omni-président.
Spécialiste de la mise en scène berlusconienne, y compris de sa vie privée, Nicolas Sarkozy ne semble pas supporter qu'une autre pièce que celle qu'il veut montrer aux français soit montée et sur-joue dans la démesure, éprouvant une certaine difficulté à contrôler ses affects, dans une illusion de contrôle absolu.
